L'Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) a connu une baisse de sa production annuelle de café, exportant moins de 120 000 tonnes par rapport aux années précédentes, en raison de la diminution de la production causée par les attaques du M23 soutenu par l’armée Rwandaise.
« Avant la guerre, nous exportions cent vingt mille tonnes de café par an. La baisse de production est due à la guerre, à l'absence de préfinancement des acheteurs étrangers et à la fraude qui a considérablement réduit nos produits destinés à l'exportation », a fait savoir à l’Acp, Jean Chrisostome Djakemela Bokwango, Directeur chef de secteur.
Ce dernier a regretté le problème d'insécurité causé par le Mouvement du 23 mars, qui a entraîné un déplacement massif de la population productrice de café vivant dans les camps de déplacés.
Par ailleurs, il a souligné que l'insécurité est un défi majeur pour les producteurs de café dans les provinces touchées par les rébellions depuis plus de deux décennies.
En plus de ces défis auxquels l'ONAPAC est confronté, il a également mentionné les difficultés de fonctionnement qui obligent les agriculteurs à se débrouiller avec les moyens du bord. Un autre problème soulevé est celui de la consommation de la production. « Les Congolais ne consomment que du café importé de l'étranger, alors que notre café est meilleur et même plébiscité en dehors de nos frontières », a-t-il soutenu.
« Tous les étalages dans les supers marchés à Goma, sont pleins du café importé », a-t-il souligné.
Le directeur chef du secteur, a demandé à la population de Goma de consommer leur café, pour devancer les pays importateurs à ne pas continuer à s’arroger le droit de fixer le prix de notre café comme ils veulent.
« Et si tous les pays africains producteurs de l’or vert, dont l’Ethiopie, première productrice en Afrique, consommaient la moitié de leurs productions pouvait déséquilibrer le marché et mettre un terme à leur aventure de nous maintenir dans un sous-développement chronique », a-t-il soutenu tout en s’appelant à consommer notre café qui contient de nombreuses vertus.
La production du café a été pendant longtemps un secteur économique important pour la République Démocratique du Congo. Centrée sur les provinces du Kivu, la production du café a baissé à ce jour, laissant une grande charge au secteur minier, principal poumon économique du pays.
La forte dépendance de la RDC aux mines fait que les variations des cours internationaux des matières premières ont un impact significatif sur les finances publiques du pays. Cependant, d’où l’impérieuse nécessité de redresser d'autres secteurs tels que l'agriculture, notamment la production du café, pour l’amélioration économique du pays.