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RDC-Kenya : le gouvernement congolais désapprouve l'idée du boycott des produits Kenyans après la création de l’Alliance Fleuve Congo

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Williams Ruto et Félix Tshisekedi, respectivement Présidents du Kenya et de la RDC.

Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en exil au Kenya, a créé une alliance politico-militaire dénommée Alliance Fleuve Congo (AFC) qui envisage "instaurer la paix en RDC" et revendique le départ de Félix Tshisekedi à la tête du pays. Cette situation est à la base de la petite tension diplomatique entre Kinshasa et Nairobi. Certains leaders d'opinion en RDC lancent des appels au boycott des produits Kenyans, notamment la principale Banque du Kenya, EquityBCDC. Le gouvernement appelle au calme. 

Peter Kazadi, Vice-ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, a rappelé que les relations diplomatiques RDC-Kenya sont encore fonctionnelles. 

"Par rapport à l'appel au boycott, nous n'avons pas rompu nos relations diplomatiques avec le Kenya. Il faut avoir de la mesure de ne pas aller au-delà de ce qui est concevable", a dit Peter Kazadi au cours du briefing presse tenu mardi 26 décembre. 

Et de poursuivre : 

"Nous avons convoqué le chargé d'affaires du Kenya en RDC pour lui exprimer notre desaprobation par rapport à ce mouvement rebelle qui a pris naissance sur son territoire. Comme membres des Nations Unies, il est clairement défini qu'aucun État ne peut servir de base arrière à un autre État pour déstabiliser un autre. Et comme membres de l'EAC, cet acte est interdit".

Pour sa part le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a fait savoir que le gouvernement congolais attend des explications du Kenya sur son laxisme dans l'affaire Corneille Nangaa. 

"Les propos tenus par le président Ruto sont de notre point de vue suffisamment graves. Ce n'est pas parce que vous êtes une démocratie que vous devez tolérer que votre pays soit le point de départ d'un mouvement rebelle. Et surtout pas le Kenya qui est impliqué dans le processus de paix en RDC. Nous attendons des explications du Kenya. Peut-être qu'après ce processus électoral, il y aura des clarifications", a dit Patrick Muyaya. 

Le gouvernement congolais renchérit qu'aucun appel au boycott des produits Kenyans ne peut être accepté à ce stade. 

"N'allons pas dans la généralisation. Entre les États, il peut y avoir des difficultés sur certains points mais il n'est pas encore le temps de dire qu'il faut boycotter les produits Kenyans. Ce sont des questions diplomatiques qui trouveront des réponses le moment venu. Il faut s'abstenir d'aller dans cette forme de stigmatisation au risque de créer d'autres foyers de tensions", s'est exprimé Patrick Muyaya au cours du même briefing presse. 

Rappelons que le Vice-premier Ministre, ministre de l'Interieur de la République Démocratique du Congo, Peter Kazadi avait convoqué le chargé d'affaires de la République du Kenya pour lui notifier de la desaprobation du gouvernement congolais sur l'affaire Nangaa. 

Après l'annonce de Corneille Nangaa, Nairobi a dit se dissocier de toute « déclaration ou activité susceptible de porter atteinte à la paix et à la sécurité de la RDC et a ouvert une enquête pour déterminer l'identité des auteurs de la déclaration », peut-on lire dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Kenya. 

Félix Tshisekedi et Williams Ruto s'étaient convenus en 2022 de "former un comité conjoint pour élaborer les domaines de coopération axés sur la sécurité, le commerce et les investissements".

L'opposant congolais en exil, Corneille Nangaa, avait annoncé vendredi 15 décembre à Nairobi la création d'une alliance politico-militaire avec plusieurs groupes armés, dont la rébellion du M23, pour, selon lui, "sauver" la République démocratique du Congo et y garantir "le retour de la paix". 

Ecomine.cd