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RDC : pour l'ANAPI, la mutualisation des investissements constitue un levier de croissance pour le pays dans le cadre de la ZLECAF

Anthony Nkinzo
Antony NKINZO, DG de l'ANAPI.

La mutualisation des investissements de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en République démocratique du Congo (RDC) représente un potentiel considérable pour stimuler la croissance économique et favoriser une transformation structurelle significative. C’est ce que souligne une analyse de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) dans un rapport publié le week-end dernier.

La mutualisation consiste à mettre en commun les ressources financières, technologiques et humaines afin de créer des synergies qui dépassent les frontières nationales. Pour la RDC, "cette mutualisation offre de nombreuses opportunités, notamment l’accélération de la diversification de l’économie, l’optimisation des avantages comparatifs, l’amélioration de l’accès aux marchés régionaux, le partage des connaissances et des technologies, ainsi que la réduction des risques et le renforcement de la stabilité économique", précise Anthony NKINZO, directeur général de l'ANAPI.

Cependant, il est important de noter que la mutualisation des investissements présente également plusieurs défis, notamment d’ordre structurel. Les infrastructures de communication précaires, la nécessité d’une gouvernance de qualité pour assurer la stabilité politique, l’opacité dans la gestion des ressources naturelles, les capacités institutionnelles faibles et le retard technologique sont autant de défis que la RDC doit relever pour bénéficier pleinement des opportunités offertes par la mutualisation des investissements.

Avant de pouvoir saisir pleinement ces opportunités, il est essentiel d’éliminer ces obstacles. Cela passe par la construction d’infrastructures de qualité, la garantie de la stabilité des engagements publics, la transparence dans la gestion des ressources naturelles, le renforcement des capacités institutionnelles et l’inclusion sociale pour une répartition plus équitable des retombées positives de l’action publique. De plus, il est nécessaire d’encourager et de renforcer les chaînes de valeur dans les secteurs prioritaires, d’adapter les stratégies d’industrialisation aux objectifs de la ZLECAF, de favoriser la production agricole à forte valeur ajoutée, de généraliser les systèmes de paiement régionaux intégrés, d’harmoniser les normes de qualité et d’adopter une politique fiscale souple pour encourager la production interne.

En définitive, la ZLECAf représente une opportunité majeure pour la RDC de promouvoir la croissance économique et la prospérité partagée. Cependant, pour en tirer pleinement profit, il est indispensable de surmonter les défis structurels et de mettre en place les préalables nécessaires à une mutualisation efficace des investissements. Si ces conditions sont remplies, la RDC pourra bénéficier de l’essor du commerce intra-africain, de la croissance industrielle et de la prospérité sur le continent.

Benjamin Nsapu