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‎Rond-points UPN et Ngaba : l’urgence de démolir les marchés pirates pour désengorger les carrefours

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Photo d'illustration.

‎Dans une ville en constante expansion comme Kinshasa, la fluidité de la circulation et l’organisation de l’espace urbain sont des enjeux majeurs. Pourtant, certains carrefours stratégiques de la capitale, tels que l'UPN et le Rond-point Ngaba, sont aujourd’hui paralysés par une occupation anarchique de l’espace public : marchés pirates, kiosques illégaux et maisons commerciales construites sans autorisation.

‎Cette situation ne relève pas seulement d’un problème esthétique. Elle impacte directement la mobilité urbaine, la sécurité routière, l’hygiène publique et même l’économie locale. À l’heure où Kinshasa cherche à se moderniser, ces points névralgiques sont devenus des symboles du désordre urbain.‎Rond-points UPN et Ngaba : l’urgence de démolir les marchés pirates pour désengorger les carrefours

Une occupation illégale aux conséquences multiples

‎Le carrefour de l’UPN, l’un des axes les plus fréquentés de la ville, est devenu au fil du temps une véritable jungle urbaine. Marchés improvisés sur les trottoirs, étals débordant sur la chaussée, circulation détournée : les automobilistes comme les piétons sont pris au piège.

‎Même constat au Rond-point Ngaba, où les constructions commerciales s’accumulent sans planification ni contrôle. Résultat : des bouchons monstres aux heures de pointe, une insécurité routière accrue, et une dégradation avancée de la voirie.

Quand l'État tarde à s’imposer

‎Face à ce chaos, la question est simple : pourquoi l’État ne réagit-il pas avec fermeté ? Plusieurs opérations de démolition ont été entreprises par le passé, mais elles manquent souvent de suivi ou sont freinées par des pressions sociales et politiques. Certaines constructions renaissent même quelques semaines après leur destruction, dans une spirale d’inefficacité.



‎"Il m'arrive parfois d'effectuer 2h sur ce tronçon de 50m pour atteindre la station cobil. La situation est chaotique, le Rond-point Ngaba est devenu une jungle où le pouvoir public est totalement absent" déplore un habitant.



‎Pourtant, l’article 16 de la Loi n° 011/2002 portant Code de l’Urbanisme en RDC est clair : l’occupation de l’espace public sans autorisation est interdite et passible de sanctions. Ce cadre légal donne à l’État le pouvoir d’agir, à condition de le faire avec cohérence, transparence et accompagnement social.

‎Démolir, oui mais avec méthode et vision

‎Il ne s’agit pas de mener une guerre contre les petits commerçants, souvent victimes d’un système informel qu’ils n’ont pas choisi. La démolition doit s’accompagner de mesures alternatives : relocalisation des marchés, construction d’espaces marchands organisés, sensibilisation des riverains et répression ciblée contre les installations illégales récidivistes.

‎C’est aussi l’occasion pour la Ville-Province de Kinshasa de repenser son urbanisme, d’impliquer les communes concernées (Ngaba, Lemba, Mont Ngafula) et de redonner à ces carrefours leur rôle initial : fluidifier la circulation et favoriser le développement économique ordonné.

‎Les rond-points UPN et Ngaba sont bien plus que de simples points de passage. Ce sont des carrefours vitaux pour le fonctionnement de la ville. Laisser leur chaos s’installer durablement, c’est condamner Kinshasa à la paralysie. Il est temps que l’État reprenne le contrôle de l’espace urbain, non pas dans la brutalité, mais dans une dynamique de réorganisation équitable et durable.

‎Démolir les marchés pirates, oui mais pour mieux reconstruire une ville où chacun peut évoluer en sécurité, dans le respect des règles et de l’intérêt collectif.

Lovic-Benjamin Nsapu