La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à d'importants défis sécuritaires et économiques en raison de ses vastes richesses naturelles. Le pays compte aujourd'hui plus de 266 groupes armés recensés et une instabilité persistante, ce qui l’empêche de tirer pleinement parti de son potentiel. C'est ce qu'a souligné Monsieur Norbert Yamba Yamba, expert en gouvernance et décentralisation, lors de l'ouverture d'un atelier stratégique des organisations de la société civile consacré aux enjeux de paix, de gouvernance territoriale et de cohésion nationale.
Cet événement est piloté par l'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), dirigé par le Professeur Florimond Muteba, en collaboration avec le mouvement PACTE, présidé par Monsieur Carbone Beni.

L'atelier se déroule dans la salle Virunga du bâtiment ex-Tembe na Tembe à Kinshasa et a été ouvert ce mardi 10 juin 2025.
Dans son exposé, Norbert Yamba Yamba a proposé des pistes de solutions axées sur la gouvernance territoriale et la décentralisation, en insistant sur l'importance de l'implication des populations locales dans tout projet de développement.
« La RDC est la locomotive de l'Afrique centrale, avec un Produit Intérieur Brut de 65 milliards de dollars. Le pays est également riche de 80 millions d'hectares de terres arables et possède un tiers des ressources naturelles du continent africain. Paradoxalement, il est confronté à une situation socio-économique précaire. La présence de nombreuses firmes multinationales et l'exploitation des ressources, loin de profiter à la population, alimentent les conflits et l'insécurité », a-t-il déclaré.
Pour Norbert Yamba Yamba, la mise en place d'une gouvernance territoriale efficace est essentielle. La décentralisation, visant à répartir le pouvoir entre le gouvernement central et les provinces, se présente comme une solution clé. Elle permettrait une gestion plus locale et mieux adaptée aux réalités du terrain.

Cet expert insiste également sur l'importance de la participation de la société civile dans ce processus. L'absence d'une véritable implication des acteurs locaux est pointée du doigt comme l'une des causes des échecs passés, entravant la réussite de la décentralisation. Une collaboration étroite entre les différents acteurs locaux est donc primordiale.
Une décentralisation bien menée permettrait une meilleure gestion des ressources, une plus grande participation citoyenne et une réduction des conflits. Elle offre une perspective de développement durable et de paix pour la RDC.
Il est essentiel de rappeler que l'avenir de la RDC dépendra de sa capacité à mettre en œuvre des réformes structurelles et à instaurer une gouvernance plus inclusive et efficace. La décentralisation, combinée à une participation active de la société civile, représente une voie prometteuse pour sortir de la crise et construire un avenir meilleur.
Soulignons que l'objectif global de cet atelier est d'instaurer un cadre formel de dialogue structuré entre les autorités étatiques, représentées par le vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, et les organisations de la société civile, en vue de formuler de manière concertée des recommandations concrètes, inclusives et opérationnelles.
Cet atelier vise à contribuer à la consolidation durable de la paix, à l'amélioration de la gouvernance locale, au renforcement de la cohésion sociale et à la stabilisation des territoires à travers une réponse conjointe aux causes profondes des tensions et conflits communautaires. L'atelier prendra trois jours, soit du 10 au jeudi 12 juin 2025.
Célestin Z.