Dans une interview accordée à la rédaction d’ecomine.cd le dimanche 25 mai 2025, M. Aimé Lambala, expert en hautes finances, a partagé ses réflexions sur l’évolution de l’économie congolaise, en établissant un parallèle entre les mandats de Joseph Kabila (2001-2018) et de Félix Tshisekedi (2019-2025). Selon lui, bien que les deux présidents aient été confrontés à des défis uniques, leurs approches et les contextes économiques dans lesquels ils ont exercé leurs fonctions sont fondamentalement différents.
Les défis économiques sous Kabila et Tshisekedi
M. Lambala a rappelé que Joseph Kabila a hérité d’un pays en pleine reconstruction après des années de guerre. À son arrivée au pouvoir, l’État congolais était quasiment inexistant, avec un besoin urgent de réformes et de stabilisation. Malgré des débuts difficiles, il a progressivement mis en place une administration fonctionnelle et réussi à attirer certains investisseurs, bien que le pays soit resté lourdement endetté.
En revanche, Félix Tshisekedi a accédé à la présidence dans un contexte économique déjà plus structuré. Selon l’expert, le président actuel a engagé des réformes notables, notamment la remise en vigueur de l’Inspection Générale des Finances (IGF) pour lutter contre la corruption. Toutefois, il a également rencontré des obstacles, tels que la réticence de certains ministres à collaborer et des conflits persistants. Malgré ces difficultés, Tshisekedi s’est engagé à promouvoir les investissements, même si les résultats restent en deçà des attentes.
Une vision économique à repenser
L’expert a ensuite souligné l’absence d’un véritable modèle économique en RDC, déplorant le manque d’une vision claire de croissance, tant au niveau macroéconomique que microéconomique.
Selon lui, « les différents ministres de l’Économie qu’a connus la RDC ont souvent privilégié leurs propres agendas au détriment d’une stratégie nationale cohérente. Le chômage et la fluctuation des prix demeurent des préoccupations majeures qui freinent le développement du pays », a-t-il déclaré.
Concernant la monnaie nationale, M. Lambala a exprimé son inquiétude face à la dépendance du franc congolais vis-à-vis du dollar américain. Il a affirmé que « tant que la confiance dans la monnaie nationale ne sera pas rétablie, la RDC restera vulnérable aux fluctuations des marchés ». Il a également évoqué la nécessité de réformes monétaires pour renforcer la position du franc congolais comme instrument d’épargne.
Implications de la dette publique
L’expert a également abordé les implications de la dette publique sur la politique monétaire. Il a mis en garde contre le non-respect des budgets, qui pourrait engendrer un régime de change instable. Selon lui, la Banque centrale doit jouer un rôle plus proactif dans la régulation de l’économie afin de garantir une stabilité macroéconomique durable.
Avant de conclure, Aimé Lambala a appelé à un renouveau dans les approches économiques. Il a insisté sur l’importance d’investir dans la production locale et de promouvoir un modèle économique solide axé sur la création d’emplois. D’après lui, une réforme réussie de la monnaie nationale, couplée à une gestion rigoureuse des finances publiques, est essentielle pour relancer l’économie congolaise et assurer un avenir prospère au pays.
Il est important de souligner que l’interview de M. Aimé Lambala, accordée à notre rédaction, met en lumière les défis et les opportunités auxquels fait face la RDC, tout en insistant sur la nécessité d’une vision unifiée et d’actions concrètes pour transformer durablement son paysage économique.
Céleste Z.