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Idjwi : une Île aux mille atouts pour l'écotourisme et le développement local

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Photo d'illustration.

Érigée en territoire autonome par l’ordonnance n° 078/238 du 29 septembre 1974, l’île d’Idjwi, autrefois une subdivision administrative de la chefferie de Buhavu dans le territoire de Kalehe, se distingue aujourd’hui comme un territoire à part entière. Située stratégiquement au cœur du lac Kivu, entre les villes de Bukavu et Goma, Idjwi est la plus grande île de la République démocratique du Congo et la deuxième plus vaste île lacustre d’Afrique.

S’étendant sur 310 km² de relief montagneux, avec des sommets dépassant les 2 500 mètres d’altitude, Idjwi est bordée par les eaux cristallines du lac Kivu. Ses frontières naturelles s’établissent au nord avec la ville de Goma, au sud avec le territoire de Kabare et le Rwanda, à l’est avec le Rwanda, et à l’ouest avec les territoires de Kabare et Kalehe.

Un potentiel écotouristique unique

Idjwi, nichée entre les majestueux parcs nationaux des Virunga et de Kahuzi-Biega et le volcan Nyaragongo, est un joyau souvent méconnu. Sa biodiversité exceptionnelle, ses panoramas à couper le souffle sur le lac Kivu et l’atmosphère paisible qui y règne contrastent fortement avec l’instabilité chronique de la région des Grands Lacs.

Un habitant de l’île, Luc Byamunge, partage son émerveillement : « Ici, on grimpe sur les sommets pour admirer les côtes congolaises et rwandaises du lac Kivu. Il n’y a ni harcèlement ni insécurité. C’est un vrai havre de paix. » L’agriculture, et plus particulièrement la culture du café arabica, joue un rôle crucial dans l’économie locale, ce café étant réputé pour sa qualité exceptionnelle. Les habitants aspirent à élargir leurs horizons économiques en devenant guides touristiques ou en accueillant des voyageurs désireux d’explorer leur île paradisiaque.

Une modernité en marche malgré des défis persistants

Bien que l’île d’Idjwi bénéficie d’un cadre naturel exceptionnel, son développement est entravé par des infrastructures limitées. En effet, le territoire n’est pas relié au réseau électrique national, poussant les habitants à recourir à des solutions locales pour leur approvisionnement énergétique. Didier Shangalume, un fournisseur d’accès Internet, explique : « Les hôpitaux, hôtels et auberges sont connectés à Internet toute la journée. Le soir, nous offrons le wifi gratuitement à la communauté. » Malgré ces avancées, l’accès à des services de base demeure un défi.

Cependant, des projets structurants commencent à émerger. Par exemple, un bâtiment administratif, un centre de santé moderne et une école primaire, ont été construits dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), visant à renforcer la gouvernance locale et à faciliter l'accès des habitants aux services publics essentiels.

Sur les sentiers argileux de l’île, la vie quotidienne devient un véritable exercice physique. Les déplacements se font principalement à moto ou à pied, souvent pieds nus pour mieux affronter la boue après les pluies. À Kashara, un village du sud de l’île, des élèves bravent les intempéries pour rejoindre l’école primaire Uhuru, illustrant ainsi la résilience des habitants.

Une opportunité pour le développement durable

Alors que la RDC cherche à diversifier son économie et à instaurer la paix dans ses régions enclavées, Idjwi pourrait se positionner comme un modèle de développement durable. L’écotourisme représente une voie prometteuse pour générer des revenus tout en préservant l’écosystème fragile de l’île.

Avec des investissements ciblés dans les infrastructures, l’éducation et la promotion de ses richesses naturelles, Idjwi a le potentiel de devenir une destination phare de la région des Grands Lacs, attirant des visiteurs du monde entier et contribuant au développement socio-économique de ses habitants. Dans cette optique, le potentiel d’Idjwi n’attend qu’à être exploité pour faire de cette île de paix un symbole de prospérité et de durabilité en République démocratique du Congo.

Lovic-Benjamin Nsapu