Les politiciens travaillent pour les élections futures, mais les Hommes d’Etat travaillent pour les générations futures, c’est-à-dire pour la postérité. L’on construit une cathédrale pour mille ans, alors qu’une baudruche ne sert qu’à orner l’instant présent. De tous temps, les bâtisseurs de grands ouvrages n’ont jamais été Hommes à récolter à tout prix ce qu’ils ont semé. Le plus grand Roi d’Israël, reconnu aussi pour sa grande sagesse, en l’occurrence le Roi Salomon, a mis pas moins de 46 ans pour bâtir le Temple de Jérusalem, à travers lequel plusieurs générations d’israélites pouvaient contempler sa magnificence.
En un mot comme en mille, il est question d’admettre que la durée des mandats électifs ne saurait correspondre à la durée d’ouvrages d’intérêt public. D’où l’importance du principe de la continuité de l’Etat qui permet ainsi au métabolisme des travaux publics de se dérouler sans désemparer. Paris, cette ville lumière qui attire les touristes du monde entier, n’a pas été construite en une seule annuité.
Toujours est-il qu’à l’ère de la modernisation et de la robotisation, des villes aussi futuristes qu’impressionnantes peuvent sortir de terre en un laps de temps relativement court. Il a fallu un peu moins de cinquante ans à des ports de pêche tels que Singapour et Dubaï pour rivaliser avec des mégalopoles multimillénaires ou multi-centenaires comme Pékin, Tokyo, Rome, Paris, Londres, ou encore New-York. Tout est fonction de la vision qui gouverne à l’administration de la cité.
A cet égard, sous la dispensation de l’actuel Chef de l’Etat congolais, le tropisme de la modernisation des paysages urbains était lisible dès les premiers pas du successeur de Joseph KABILA. Sous l’impulsion appuyée du Président Félix-Antoine TSHISEKEDI, des routes en béton armé avaient rapidement vu le jour, tout comme des ambitieux programmes de modernisation des voieries. L’on se rappellera que les sauts de mouton qui ornent certains croisements de la ville de Kinshasa ont été conçus et aussitôt érigés à l’aube de la mandature du Président Félix Tshisekedi, à la faveur du projet se rapportant aux cent premiers jours de son magistère.
L’idée était de donner l’impulsion, y compris aux entités décentralisées et déconcentrées, pour transformer la République Démocratique du Congo en vaste chantier. Force est cependant de constater que cet élan de modernisation imprimé par le premier d’entre les Congolais n’a été que timidement suivi par une classe politique congolaise engluée dans la cueillette et la prédation.
Ngobila et ses traces indélébiles
Parmi les rares responsables politiques qui peuvent se targuer d’avoir ingénieusement communié à la vision du Président Tshisekedi sur la nécessité de ramener les municipalités congolaises au standard des grandes villes de l’hémisphère Nord, Gentiny NGOBILA fait figure de tête de gondole. La preuve en est que lorsque le Gouverneur sortant s’était engagé à casser les œufs pour faire des omelettes en démolissant le taudis qui servait de marché central à une grande mégalopole comme Kinshasa, il n’avait pu récolter que de la médisance de la part d’une classe politique abonnée à l’indolence et incapable d’imaginer qu’il était possible de transformer les environnements urbains en leur donnant une allure beaucoup plus contemporaine.
Dieu aidant, les kinois vont avoir l’agréable surprise de découvrir leur nouveau marché central qui passe de 10 à 500 pavillons, d’une capacité de 3500 vendeurs à 80.000 vendeurs. En d’autres termes, le Gouverneur Gentiny NGOBILA vient tout simplement de faire basculer la capitale congolaise dans la modernité en tirant un trait sur l’aspect médiéval de son centre névralgique qui se trouve être le marché central. Au même moment, dans la foulée de son programme de Kin Bopeto, le Gouverneur Gentiny NGOBILA vient de boucler l’acquisition de plusieurs centaines de véhicules pour ce vaste projet d’assainissement de la ville. Un projet qui a par ailleurs reçu le coup de pouce du Président de la République en déplacement en Turquie. En effet, le groupe turc Albayrak, qui avait conclu un partenariat avec Gentiny NGOBILA pour faire passer Kin Bopeto à une dimension supérieure, a eu le privilège d’être reçu par le Président Félix TSHISEKEDI en personne dans le but de se voir accorder toutes les garanties de continuité nécessaires à la motivation de ces investisseurs attirés par le management de NGOBILA.
La lutte contre l’insalubrité étant le tendon d’Achille de tous les exécutifs provinciaux de Kinshasa, Gentiny NGOBILA aura la fierté d’avoir résolu durablement cet épineux problème, notamment grâce aux 20.000 containers de ramassage d’ordures qui débarqueront la semaine prochaine au port de Matadi. Avec cet arsenal de containers et de camions éboueurs, la ville de Kinshasa pourra renouer avec sa réputation d’antan de Kin la belle. Et l’histoire retiendra qu’une fois de plus, Gentiny Ngobila en aura été le précurseur.
Toutes ces réalisations viennent s’ajouter à un impressionnant réseau de voirie urbaine dans plusieurs communes de la capitale, à mettre à l’actif du Gouverneur sortant ; cet acteur de développement peu disert, ayant abattu un travail de titan sans tambours ni trompettes.
Alors, le meilleur pour la fin?
Même si la monumentalité de l’œuvre accomplie par Gentiny Ngobila prend plus d’ampleur à la fin de son mandat, l’on ne peut pas soutenir que le Gouverneur sortant avait gardé le meilleur pour la fin. L’expression est tirée de l’allégorie biblique des noces de Canaan, à l’occasion du premier miracle documenté de Jésus Christ de Nazareth. Informé de la rupture du stock de vin alors que les convives étaient encore sur leur soif, Jésus, sur insistance de Marie, sa mère, transforma 7 jarres d’eau en vin de première qualité. A la dégustation de ce vin plus délicieux que celui servi à l’entame, les invités se plaignirent d’avoir consommé une mauvaise qualité de vin avant. Ils reprochèrent ainsi à l’organisateur du festin de n’avoir pas initialement servi le meilleur vin au début des noces.
En ce qui concerne le Top management de la Ville de Kinshasa, Gentiny NGOBILA n’a aucunement gardé le meilleur pour la fin. Il est tout simplement en train de cueillir en fin de mandat les fruits des efforts qu’il avait consentis, sans perdre le temps, dès le début de son magistère. Les nouvelles routes revêtues de bitumes tels qu’Elengesa, Kikwit, Birmanie, Shaba, Ngiri Ngiri, la route Bongolo et le pont éponyme, Saïo, Makanza, la route SECOMAF dans la Commune de Ndjili, la construction de plusieurs Parc d’attractions, notamment la grande roue de Kinshasa, ne sont pas tombées du ciel.
Le 5 février dernier, le Gouverneur Gentiny Ngobila a lancé au camp Lufungula dans la commune de lingwala, les travaux de construction d’un collecteur de 375 mètres sur la rivière Gombe ainsi que l’aménagement des berges sur les deux rives. Toujours au mois de février 2024, après avoir donné le go des travaux de réhabilitation des avenues Kasa-Vubu, Nguma et Croix-rouge à maccampagne, Gentiny Ngobila a lancé la construction de deux digues et de trois avenues dans le quartier Ndanu à Kingabwa. Dans le cadre de son programme Kin Bopeto, le numéro un de la ville de Kinshasa a construit le marché type-K dans la commune de Kinshasa. Il sied de noter que le prédécesseur de Gentiny NGOBILA n’avait construit, en 12 ans, que trois avenues, à savoir Kulumba dans la commune de Masina, Ndjoko dans la Commune de Kimbanseke, et Kimbuta dans la Commune de Ndjili. Pour ceux qui connaissent le passif et les dettes léguées à Gentiny Ngobila, de nature à l’empêcher d’oser tout projet d’investissement, il y a lieu de tirer un chapeau au Gouverneur sortant pour avoir fait contre mauvaise fortune bon cœur.
Dans le cadre de la continuité de l’Etat, le successeur de Gentiny NGOBILA serait mieux inspiré de poursuivre sur la même lancée, en donnant notamment corps à un projet qui tenait tant à cœur le Gouverneur sortant. Il s’agit du projet Metrokin dont les études de faisabilité ont été rondement menées à prix d’or par Gentiny NGOBILA. Le progrès auquel la nation toute entière aspire ne peut se réaliser que lorsque ceux qui sont aux responsabilités s’affairent à améliorer le bilan de ceux qui les ont précédés. Une chose est cependant sûre, sous la férule du Président Félix TSHISEKEDI, Gentiny NGOBILA vient d’inaugurer une nouvelle race d’acteurs politiques.
Désormais, le poids politique ne sera plus évalué à l’aune du volume de décibels et de punchlines que l’on débite à longueur des journées, mais sur la base des preuves tangibles et des œuvres à impact visible. Si on demande à chaque leader politique de brandir ses œuvres, beaucoup vont se défiler. Rares sont ceux qui, à l’instar du Gouverneur sortant de la ville de Kinshasa, pourraient bomber le torse à l‘heure du bilan.
Leçon de morale : que chaque Homme politique laisse ses œuvres parler à sa place.