Le débat sur la gestion économique de la République démocratique du Congo continue d’alimenter la scène politique nationale. Face aux critiques de certains observateurs, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, privilégie une réponse fondée sur les résultats économiques.
Selon lui, "l’histoire économique du pays ne retiendra pas les polémiques politiques mais plutôt les résultats obtenus", a-t-il souligné dans une interview, accorder à un média de la place. Il a affirmé que, le gouvernement a engagé une série de réformes visant à renforcer la stabilité macroéconomique et la crédibilité financière du pays.
En effet, depuis l’investiture du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka en juin 2024, plusieurs indicateurs économiques auraient connu une évolution positive, notamment l’inflation et la stabilité monétaire.

Stabilisation de l’inflation et de la monnaie
Au moment de la prise de fonctions du gouvernement, l’inflation annuelle atteignait 22,8 %, après avoir culminé à 23,4 % en décembre 2023. La dépréciation du franc congolais était également estimée à 6,2 % au premier semestre 2024.
"Grâce à une meilleure coordination entre les politiques budgétaires et monétaires, l’inflation a progressivement diminué pour atteindre 11,7 % à la fin de l’année 2024, avec une dépréciation monétaire limitée à 0,9 %", a souligné Doudou Fwamba.
La tendance s’est poursuivie en 2025. À la fin de cette année, l’inflation a été ramenée à 2,3 %, tandis que la monnaie nationale s’est appréciée, notamment grâce aux mesures prises par la Banque Centrale du Congo.
Croissance économique et perspectives
Pour l’année 2026, les autorités congolaises projettent une croissance économique estimée à 5,6 %. Selon le ministère des Finances, cette dynamique devrait soutenir l’emploi et préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Le gouvernement reconnaît toutefois l’existence de tensions de trésorerie, particulièrement au début de chaque année. Celles-ci sont liées au calendrier fiscal, dont la principale échéance intervient généralement le 30 avril.

Les dépenses incompressibles, notamment les salaires des fonctionnaires, exercent donc une pression temporaire sur les finances publiques durant cette période.
Pressions sécuritaires et contraintes budgétaires
L'argentier congolais souligne que, la situation sécuritaire persistante dans l’Est du pays constitue également un facteur de pression sur les finances publiques. Les dépenses liées à la sécurité ont augmenté dans un contexte régional instable.
Le ministre des Finances explique également que l’appréciation du franc congolais en 2025 a réduit certaines recettes publiques libellées en devises, même si elle a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des populations.
Le gouvernement se veut néanmoins rassurant et estime que la situation budgétaire devrait se stabiliser après le paiement du solde de l’impôt sur les bénéfices professionnels à la fin du mois d’avril.

Réformes structurelles engagées
Plusieurs réformes de gouvernance des finances publiques sont en cours. Parmi elles figure la déconcentration de l’ordonnancement, destinée à améliorer l’utilisation des crédits budgétaires par les ministères sectoriels.
Cette réforme vise notamment à renforcer les investissements dans les secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la défense nationale.
Parallèlement, la mise en place progressive du compte unique du Trésor doit permettre de renforcer la gestion de la trésorerie et de lutter contre la fuite des ressources publiques.
Fiscalité, lutte contre la corruption et crédibilité internationale
Le gouvernement prépare également l’introduction de la facture normalisée afin d’améliorer la collecte de la TVA. Cette réforme pourrait générer jusqu’à 200 millions de dollars de recettes supplémentaires d’ici 2026.

Sur le plan de la gouvernance financière, Doudou Fwamba laisse entendre que, le gouvernement a réalisé des progrès dans la lutte contre le blanchiment des capitaux, en mettant en œuvre plusieurs recommandations du Groupe d'action financière.
Il est important de souligner que, les relations avec le Fonds monétaire international se sont renforcées, avec des programmes d’appui évalués à près de 2,9 milliards de dollars. Pour le ministre, ces partenariats et l’amélioration de la perspective de la note souveraine par Standard & Poor’s témoignent d’un regain de crédibilité internationale de la RDC.
Céleste Z