La République démocratique du Congo (RDC) compte tirer pleinement parti de ses vastes forêts en devenant un acteur clé du marché carbone mondial. La ministre de l’Environnement du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat , Marie Nyange, a fait cette annonce lors d'un briefing presse du jeudi 23 octobre 2025, à Kinshasa.
Elle a souligné que les forêts congolaises représentent l’unique solution aux changements climatiques à l'échelle mondiale, tout en étant un levier essentiel pour mobiliser des financements innovants pour le développement durable.
Marie Nyange a expliqué que le marché carbone repose sur le principe selon lequel « celui qui pollue paie ». C'est dans cette optique que, le Président congolais Félix Antoine Tshisekedi a mis en place l’Autorité de régulation des marchés carbones (ARMCA) pour capter ces financements. Cette initiative permettra à la RDC de quantifier et de valoriser les tonnes de carbone captées par ses forêts, qui pourront ensuite être vendues sur les marchés internationaux.
Les revenus générés par cette vente ne serviront pas uniquement à financer la transition écologique du pays, mais contribueront également au soutien des communautés locales vivant près des zones forestières. Cette double approche vise à assurer un développement durable tout en répondant aux enjeux environnementaux globaux.

Une préparation stratégique pour la COP 30
En prévision de la COP 30, la ministre a dévoilé que la délégation congolaise se rendra à Belém avec deux instruments majeurs : le programme du Couloir vert et la politique nationale de l’économie verte. Ces outils sont essentiels pour renforcer la crédibilité de la RDC lors des négociations climatiques et attirer davantage d’investissements.
« Pour la première fois, nous allons à la COP avec des outils concrets pour aller chercher l’argent. Les discours doivent s’accompagner d’instruments solides », a insisté la ministre. Cette approche pragmatique vise à transformer les promesses en actions tangibles sur le terrain.
La RDC, avec plus de 60 % du massif forestier du bassin du Congo, entend ainsi retrouver son statut de leader climatique mondial tout en réclamant des compensations justes pour les services écologiques qu’elle fournit à la planète. « Les compensations sont un droit. Notre pays mérite d’être récompensé pour ce qu’il donne au monde », a souligné Marie Nyange.
La Semaine du climat, un enjeu crucial pour accommoder le discours de la délégation congolaise
À quelques jours de la COP 30 prévue du 10 au 21 novembre à Belém, le gouvernement congolais a présenté les grandes lignes de sa participation à cet événement International. La ministre Marie Nyange a exposé la stratégie nationale axée sur la concertation et la préparation technique.
Le principal rendez-vous annoncé est la Semaine du climat, qui débutera le 27 octobre à Kinshasa. Cet événement rassemblera experts, chercheurs, autorités publiques, opérateurs économiques et acteurs de la société civile. L’objectif est de définir une position commune du pays avant la grande rencontre à Belém.

« Nous voulons que la RDC parle d’une seule voix à la COP 30. Cette semaine servira de cadre de dialogue et d’appropriation de la feuille de route nationale », a expliqué Marie Nyange. En rassemblant différents acteurs, la RDC cherche à créer une synergie qui renforcera sa position sur la scène internationale.
Une feuille de route à affiner
Pour que la RDC puisse réellement tirer profit de son écosystème forestier, il est nécessaire que le pays se mette en ordre et affine sa feuille de route lors de la Semaine du climat. Les discussions prévues durant cet événement constitueront une opportunité majeure pour établir des priorités claires et des engagements concrets en matière de protection des forêts.
En capitalisant sur cette dynamique, la RDC pourra renforcer ses arguments lors de la COP 30 et s’assurer de bénéficier des financements nécessaires à ses projets écologiques. Une préparation minutieuse et une volonté collective seront essentielles pour garantir que les aspirations du pays se traduisent en actions concrètes.
En investissant dans des solutions durables, la RDC peut non seulement protéger ses précieuses ressources forestières, mais aussi devenir un modèle de développement économique respectueux de l’environnement. La Semaine du climat représente ainsi une étape cruciale dans la mise en œuvre de cette vision.
Céleste Z