ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

"Les performances macro-économiques de la RDC améliorent ses chances d'obtenir des crédits de l'IDA", selon la cotation de la Banque Mondiale

1
Photo d'illustration

Selon les notes d'Évaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA), la RDC a réalisé des progrès remarquables entre 2018 et 2022 permettant au pays de rejoindre le cercle de 4 États subsahariens à atteindre un score de 3,1 sur 6. Ce, en dépit des crises récurrentes des prix des produits de base.

Le bon alignement de la RDC sur le diagnostic de la CPIA est dû aux performances macro-économiques et aux mobilisations des recettes intérieures constatées dernièrement.

C'est ce qui sort de l'atelier co-présidé par la ministre d'État en charge du Plan, Judith Suminwa et le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau et le Directeur des Opérations  de la Banque Mondiale, Albert Zeufack, tenu ce jeudi 10 novembre 2023.

Cependant, la note de la CPIA relève que le pays a connu une quasi stagnation pour les autres critères notamment les politiques structurelles d'inclusion sociale et d'equité. Parmi les causes, on cite le faible investissement public et la dépendance aux ressources naturelles; la forte dollarisation et le faible niveau de réserve ainsi que le faible exécution du budget.

La Banque Mondiale a, pour ce faire, formulé quelques recommandations afin de permettre à la RDC d'améliorer davantage sa cotation pour l'année 2023.

Pour l'administration publique par exemple, elle a recommandé la mise en place des effectifs, la coordination et la gestion des carrières.

Dans la même veine, la Banque Mondiale préconise dans le secteur de l'amélioration du climat des affaires : la facilitation du commerce ainsi que les réformes des secteurs sociaux; l'amélioration des conditions de paiement des impôts et taxes.

Dans son allocution, la ministre d'Etat Judith Suminwa a salué la tenue de cet exercice important pour le Gouvernement en vue de l'amélioration de ses politiques en matière de la gouvernance et de la lutte contre la pauvreté.

"Il est important que le Gouvernement avec tous les services soient partie prenante du processus parce que ça nous permet de comprendre quels sont les éléments à prendre en compte. Cette évaluation va permettre si on a un bon score d'accéder à un certain niveau de financement au niveau de l'IDA dans le processus de développement du pays. Mais en même temps pour nous la RDC et le Gouvernement, c'est un élément important qui nous permet d'être un thermomètre sur la manière dont le Gouvernement travaille et les mesures qui doivent être renforcées. Nous devons améliorer les différents domaines critiques qui vont nous permettre de devenir un pays en développement, un pays intermédiaire d'ici 2030", a-t-elle inféré.

Le Directeur des opérations de la Banque Mondiale, pour sa part, a réitéré l'engagement de sa structure d'accompagner la RDC pour l'amélioration de son score en 2023.

Selon nos source au ministère du Plan, une équipe technique composée d'une part des experts de la Banque Mondiale et de la Task force de la CPIA RDC seront à pied d'oeuvre pour l'amélioration des performances de la RDC en 2023.

Notons que l'Évaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA) est un outil de la Banque Mondiale, de diagnostic annuel destiné aux pays d'Afrique subsaharienne qui peuvent bénéficier des financements de l'Association internationale de développement (IDA).

Développements macroéconomiques récents

Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), l’activité économique en RDC est restée soutenue en 2022 avec un taux de croissance estimé à 8,5 % contre 6,2 % en 2021. Cette performance s’explique par le dynamisme de l’industrie extractive (+20,8 %) et la relance du secteur non extractif (+3,2 %) tirée par les services, malgré la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Au niveau de la demande, cette croissance économique est portée par des exportations (+23,8 %) et investissements (+18,6 %) soutenus, réalisés dans un contexte marqué par la crise énergétique mondiale.

L’inflation est élevée (9,1 %) du fait des prix alimentaires et énergétiques importés. Le déficit budgétaire s’est accru de 2,8 % du PIB en 2022 contre 0,9 % en 2021 en raison des dépenses exceptionnelles (sécurité, élections) et malgré la hausse exceptionnelle des recettes et dons qui ont atteint 17,2 % du PIB contre 13,7 % du PIB en 2021.

Qu'est-ce que l'IDA ?

L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Sous la supervision de 174 pays actionnaires, l’IDA vise à réduire la pauvreté en accordant des prêts (appelés « crédits ») et des dons destinés à des programmes de nature à stimuler la croissance économique, à réduire les inégalités et à améliorer la vie des plus démunis.