Le Réseau national des observateurs des ressources naturelles (RENOI) a dénoncé l’exploitation illégale du bois dans le territoire de Bolomba, province de l’Équateur, lors d’une conférence de presse à Kinshasa le 26 septembre 2024.
Cette dénonciation est consécutive à des multiples signalements émanant des médias, des organisations de défense des droits humains et des notables locaux.
Hypolite Iyuku, membre du RENOI, a révélé qu'une cargaison d’environ 3.300 m³ de bois d’œuvre, soit près de 900 grumes de différentes espèces, provenait du secteur de Losanganya. Cette cargaison a été acheminée à Kinshasa à bord du navire MB SCIBOIS II, qui a été saisi par les autorités le 6 septembre 2024, au port général de Maluku.
Pour vérifier les faits, le RENOI a mené une mission de monitoring du 19 au 20 septembre dans plusieurs ports de Maluku, y compris ceux des Terres Jaunes et SCIFOR. Les résultats de cette mission ont confirmé la présence de la cargaison suspecte, renforçant les inquiétudes quant à l’exploitation illégale des ressources forestières dans la région.
Face à cette situation alarmante, le RENOI appelle le parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete à porter l’affaire devant un tribunal compétent pour un jugement approprié. L’organisation insiste également sur la nécessité de surveiller la cargaison pour éviter toute dérive avant la conclusion du dossier.
Le RENOI a également formulé des recommandations au gouvernement, notamment au ministère de l’Environnement, Développement durable. Parmi ces recommandations figurent la résiliation et l'annulation des contrats de concessions forestières problématiques, ainsi que la mise en place de missions conjointes de suivi dans les zones concernées.
La conférence de presse, animée conjointement par des notables de Bolomba et des membres du RENOI, a mis en lumière les efforts de cette plateforme qui lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Le RENOI s'engage à assurer une observation indépendante et crédible des activités forestières, tout en plaidant pour une gestion durable des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
Cette affaire souligne l’urgence d’agir pour protéger les forêts congolaises, patrimoine vital pour l'environnement et les communautés locales.
Il est important de souligner que la République démocratique du Congo dispose du deuxième grand massif forestier au monde après le Brésil. Estimée à près de 155 millions d’hectares, la superficie forestière de la RDC attise les industriels du bois de par le monde. Cependant, l’exploitation du bois d’œuvre dans plusieurs provinces forestières pose un réel problème, à cause notamment de la corruption à tous les niveaux, de la non-application de la loi forestière et de l'impunité.
Céleste Z