L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation inquiétante de l’environnement urbain à Kinshasa. Dans un communiqué publié le lundi 5 mars 2025 et signé par son président du conseil d’administration, Florimond Muteba, l’organisation appelle le gouvernement à agir d’urgence pour enrayer la détérioration de la capitale congolaise.
Malgré les ressources publiques allouées chaque année à l’assainissement et à la prévention des catastrophes naturelles, Kinshasa est confrontée à une multiplication des érosions, à des inondations récurrentes et à l'effondrement progressif de ses infrastructures. Le drame survenu en avril dernier, avec plus de 70 morts causés par des pluies diluviennes, a mis en lumière l’ampleur du problème et l’inefficacité des politiques publiques en matière de gestion urbaine.

Routes impraticables et risques accrus pour les habitants
L’ODEP dénonce la dégradation avancée des axes routiers majeurs de la ville, qui perturbe la circulation et met en péril l’accès aux services sociaux de base. “Les infrastructures mal conçues, réalisées en dehors des normes techniques, sont le fruit de détournements de fonds publics. Résultat : des routes éphémères et des caniveaux inadaptés, incapables de canaliser les eaux de pluie”, accuse l'organisation.
Pour l’ODEP, cette situation traduit un défaut de planification et de contrôle dans la gestion urbaine, en contradiction avec les responsabilités régaliennes de l’État. Elle évoque à cet égard les articles 16, 47 et 53 de la Constitution, qui garantissent aux citoyens le droit à la santé, à la dignité humaine et à un environnement sain.

Des recommandations claires et un appel solennel
Face à l’urgence, l’ODEP propose un plan de redressement articulé autour de la réhabilitation des infrastructures prioritaires, la lutte contre les érosions, la transparence budgétaire et la concertation entre autorités et populations.
“Une capitale qui s’effondre sous les pluies est le miroir d’un État qui s’efface sous ses responsabilités”, affirme l’organisation dans une formule choc, exhortant le gouvernement central et les autorités provinciales à prendre des mesures immédiates.

L’ODEP conclut en rappelant que garantir un cadre de vie digne, salubre et sécurisé est une obligation constitutionnelle de l’État, au cœur des droits fondamentaux des citoyens congolais.
Céleste Z.