La 13e session de la conférence des gouverneurs s’est poursuivie, mercredi 25 mars 2026 à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu. Les travaux de cette deuxième journée ont été présidés par la première ministre Judith Suminwa, en sa qualité de vice-présidente de cette instance de concertation entre le gouvernement central et les provinces.
Après la validation des mandats des gouverneurs et de leurs représentants, les participants ont procédé à l’évaluation des recommandations issues de la précédente session tenue à Kolwezi, en juin 2025. Sur les 55 recommandations adoptées, 74 % ont été exécutées, selon le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
Ces recommandations couvrent plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’éducation, la santé, la gouvernance ainsi que les projets structurants tels que le Programme de développement local des 145 territoires. Toutefois, des contraintes financières, administratives, techniques et sécuritaires, particulièrement dans l’Est du pays, continuent de freiner leur mise en œuvre.
Placée sous le thème de la transformation des secteurs agricole, halieutique et pastoral, cette session a également accordé une place importante aux panels sectoriels. L’objectif est de renforcer le développement rural et d’assurer une meilleure connexion entre les zones de production et les marchés urbains.
Intervenant dans ce cadre, le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, a présenté cinq piliers pour atteindre l’autonomie alimentaire. Il a notamment insisté sur la nécessité de disposer de semences de qualité, un secteur actuellement fragilisé par la dégradation de 95 % des infrastructures de production.

Outre les semences, le ministre a évoqué la production locale de fertilisants, la mécanisation agricole, l’implication du secteur privé et l’amélioration des chaînes de stockage, de transformation et de commercialisation. Ces mesures s’inscrivent dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, axée sur la « revanche du sol sur le sous-sol ».
Parallèlement, le ministre d’État au Développement rural, Grégoire Mutshaïl, a mis en avant l’importance d’une politique nationale du développement rural, adoptée en 2025. Il a appelé les gouverneurs à s’impliquer activement dans l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, notamment l’accès à l’eau potable.
Il a également annoncé un projet de revitalisation du milieu rural destiné à accompagner le Programme de développement local, avec un accent particulier sur l’habitat et la lutte contre l’exode rural. Pour lui, le développement rural doit être une responsabilité partagée entre le Gouvernement central et les provinces.
Enfin, la question du recensement général de la population et de l’habitat a été abordée. Le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a invité les gouverneurs à s’approprier ce processus stratégique, notamment en sensibilisant les populations et en garantissant la sécurité des opérations. Les travaux de cette 13e session, ouverts le 24 mars, se poursuivent jusqu’au 28 mars 2026.
Céleste Z