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RDC: En 2025, le P-DDRCS a démobilisé 5 000 ex-combattants et collecté près de 1 000 armes de guerre dans son processus de désarmement

Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, coordonnateur du P-DDRCS et le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya
Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, coordonnateur du P-DDRCS et le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya

La République démocratique du Congo veut en finir avec les groupes armés qui opèrent dans plusieurs provinces, c'est la raison d'être du programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), qui a en 2025, démobilisés et pris en charge 5 000 ex-combattants et collecté près de 1 000 armes de guerre dans son processus de désarmement.

C'est ce qu'a fait savoir le coordonnateur national de ce programme, Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, lors d’un briefing presse coanimé le 9 mars 2026,  avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

En effet, le mode opératoire du  P-DDRCS consiste tout d'abord à récupèrer les armes détenues par les groupes armés, puis procède à la démobilisation et à la réinsertion des anciens combattants. Le programme mise sur des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus pour assurer une réintégration durable.

Selon les données, 1 546 ex-combattants ont été désarmés notamment en Ituri, 838 au Nord-Kivu, 653 dans le Tanganyika et 151 à la frontière entre Kinshasa et le Maï-Ndombe. Au total, 3 188 personnes avaient déjà été démobilisées l’année précédente avant l’extension récente des opérations.

Les opérations du P-DDRCS se déroulent principalement dans les provinces de l’est et du centre notamment en Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema et Tanganyika ces régions frappées par la présence persistante de groupes armés. Depuis fin 2025, le programme s’est aussi étendu à la ville de Kinshasa plus précisément dans la commune de Maluku et dans la province du Maï-Ndombe.

Le processus de désarmement a permis la collecte d’environ 1 000 armes de guerre, 5 000 munitions de différents calibres et une quarantaine d’explosifs. Ces matériels ont été inspectés, tracés et stockés par les Forces armées de la RDC (FARDC). Les armes traditionnelles, comme certaines flèches empoisonnées, ne sont toutefois pas comptabilisées dans ces chiffres.

Pour Ntanga Ntita, le P-DDRCS s’inscrit dans la stratégie nationale de stabilisation voulue par le président Félix Tshisekedi, visant à restaurer l’autorité de l’État, favoriser la réconciliation et réduire la prolifération des groupes armés.

S'agissant du secteur socio-économique, les ex-combattants sont identifiés et enregistrés biométriquement dans une base de données unique avant d’accéder aux parcours de réinsertion. Les formations proposées sont désormais reconnues par le ministère de la Formation professionnelle, permettant la délivrance de diplômes officiels aux bénéficiaires.

Le programme inclut aussi des mesures d’appui à la création de revenus pour encourager la reconversion. L’objectif affiché est d’offrir des alternatives durables pour que les anciens combattants produisent des biens et services utiles à leurs communautés.

Le volet santé mentale a été intégré  à travers un protocole d’accord avec le Programme national de santé mentale du ministère de la Santé publique assure la prise en charge psychosociale des ex-combattants et des populations affectées.

Par ailleurs, le P-DDRCS privilégie une approche communautaire impliquant leaders locaux, autorités traditionnelles, responsables religieux, femmes et jeunes dans les actions de sensibilisation. Ces acteurs sont présentés comme essentiels pour convaincre les combattants d’abandonner les armes.

Pour le ministre Patrick Muyaya, la réinsertion communautaire constitue un axe central de l’action gouvernementale pour un retour à une paix durable. La stratégie mise sur le désarmement, la démobilisation et la reconversion professionnelle pour consolider la paix.

Il est important de noter que, le P-DDRCS vise à contribuer à la consolidation de la paix, au renforcement de la cohésion nationale et à la reconstruction socio-économique des régions affectées, tout en réduisant la menace posée par les groupes armés.

Céleste Z