L'association culturelle Igisenge ASBL‑RDC, dans un communiqué du 1er mars 2026, dont une copie est parvenue à notre rédaction, rend hommage au savoir historique, à la culture et à la lucidité du ministre de la Communication et des Médias, porte‑parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui, lors de son entretien la semaine dernière avec la communauté congolaise du Canada, a exposé des vérités élémentaires qui contribuent, dans le cadre de ses attributions, à la cohésion et à l'unité nationale.
En effet, le ministre Muyaya avait, au cours de ses échanges avec des membres de la communauté banyamulenge au Canada, réaffirmé la position du gouvernement congolais concernant les tentatives d’instrumentalisation communautaire à des fins belliqueuses. Il a déclaré que les menaces imputées au Rwanda et les intimidations du mouvement rebelle M23 ne pouvaient en aucun cas décourager les Congolais déterminés à s’opposer à toute manipulation visant à diviser les communautés nationales.
Ce faisant, Patrick Muyaya a souligné l'importance d'actions concertées pour favoriser le vivre‑ensemble, renforcer la cohésion sociale et promouvoir un patriotisme affirmé afin de contrer la propagation de la haine et de la division au sein des communautés congolaises. Il a condamné ce qu'il appelle le « venin de la division », diffusé de manière continue par des acteurs extérieurs, à travers des groupes armés et des relais communautaires.

Face à la montée des tensions, la mutuelle Igisenge‑Communauté Hutu s’est exprimée à travers ce communiqué pour clarifier sa position sur cette question cruciale. Pour la mutuelle, il est essentiel de souligner que le Hutu congolais parle le kihutu. Cette affirmation s’inscrit dans un cadre plus large, où chaque ethnie a sa propre langue : le kikongo pour les Kongo, le kiléga pour les Léga, et ainsi de suite pour les quelque 450 ethnies du pays.
Cependant, la source souligne que l’histoire a souvent été influencée par des événements extérieurs, comme la Conférence de Berlin de 1885, qui a redessiné les frontières africaines sans tenir compte des réalités ethniques. Ces décisions ont eu des conséquences durables sur la cohabitation des peuples.
C'est dans cette optique qu’à l’heure des indépendances africaines, les nouvelles nations ont hérité de frontières coloniales, créant des divisions parmi les Hutu, répartis entre le Rwanda, le Burundi, la RDC, l’Ouganda et la Tanzanie. Malgré ces séparations, leur langue bantoue a conservé différentes appellations selon les pays : le kinyarwanda, le kihutu, le kirundi, entre autres.

Pour cette association, "la remise en question du kihutu comme langue légitime de la communauté hutu serait une atteinte à la vérité historique et à la mémoire collective. Deux faits majeurs illustrent cette réalité : le rôle historique du Mwami Ndeze Rugabo II dans la reconnaissance des traditions hutu et la participation des Hutu à la Table ronde de Bruxelles en 1960, un moment clé dans la lutte pour l’indépendance du Congo", peut‑on lire dans ce communiqué.
Par ailleurs, la mutuelle insiste sur le fait qu’elle ne peut pas parler au nom d’autres communautés en RDC. Chacune d’elles doit être libre de définir sa propre identité linguistique.
Il est nécessaire de préciser que ce communiqué appelle à la paix et à la vérité, rejetant toute forme de stigmatisation, d’exclusion ou de division. Tous les Congolais sont des enfants du même pays, et l’unité doit primer sur les différences.
Céleste Z