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Situation critique du FRIVAO : À Kisangani, les victimes passent de 3 000 à plus de 16 000 (Conseil des ministres)

Ministre de la justice de la RDC, Guillaume Ngefa
Ministre de la justice de la RDC, Guillaume Ngefa

Le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a présenté, le vendredi 23 janvier 2026, un état des lieux préoccupant du Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) lors de la 75ème réunion du Conseil des ministres. Au cours de cette rencontre, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, le patron de la justice congolaise a mis en lumière les enjeux nécessaires liés à l'impact, à la crédibilité et à la gestion de l'institution.

En effet, depuis la mi-novembre 2025, des consultations avec diverses parties prenantes ont été menées pour éviter un effondrement total du FRIVAO. Ces discussions ont conduit à des actions immédiates, notamment la levée de la suspension du Comité de Coordination en décembre 2025, permettant ainsi un rétablissement minimal de la gouvernance.

« L’une des mesures essentielles a été le règlement des arriérés de salaires, de loyers et de charges administratives pour garantir la continuité de l’administration. Cependant, ces actions soulèvent des questions quant à la gestion des fonds, alors que des enquêtes ont été ordonnées pour identifier les fausses victimes et les réseaux d’extorsion », a indiqué le ministre d'État.

Les chiffres sont alarmants : le nombre de victimes certifiées a explosé, passant d’environ 3 000 à plus de 16 000 dans la seule ville de Kisangani. Cette augmentation soudaine soulève des inquiétudes quant à l'intégrité des processus de certification et aux pratiques de fraude qui pourraient être en cours.

« Les difficultés se multiplient avec la confusion persistante entre les réparations judiciaires dues aux victimes et les attentes sociales plus larges. Des fonds destinés aux indemnisations sont soupçonnés d'être utilisés pour financer le fonctionnement courant du Fonds, compromettant ainsi l’aide directe aux véritables victimes », ajoute Guillaume Ngefa.

Par ailleurs, le climat d’insécurité s’aggrave, affectant le personnel et les mandataires à Kisangani, ce qui complique encore la situation. Le ministre a souligné l'importance de restaurer la crédibilité et la transparence du FRIVAO pour assurer une réparation adéquate des victimes des activités illicites de l’Ouganda.

Dans l'attente des résultats des enquêtes et des mesures correctives, la situation du FRIVAO reste critique, et l’engagement des autorités est essentiel pour garantir que l’aide parvienne réellement à ceux qui en ont besoin.

Céleste Z