La République démocratique du Congo fait face à une crise sanitaire préoccupante dans ses établissements pénitentiaires. À la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi, 800 des 2.600 détenus sont atteints de tuberculose, selon le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Devant cette situation alarmante, il a annoncé la construction de nouvelles prisons et la modernisation des infrastructures existantes, afin d’améliorer les conditions de détention et de garantir la dignité des prisonniers.
Guillaume Ngefa, l'a fait savoir lors d’un briefing presse qu'il a co-animé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur la Radio-Télévision nationale congolaise, le 17 septembre 2025.
Ce membre du gouvernement Suminwa II, a martelé sur la nécessité d'un programme d'urgence pour faire face à cette épidémie. "Il est impératif que nos compatriotes détenus ne soient pas considérés comme des personnes envoyées au mouroir", a-t-il déclaré, avant de tirer la sonnette d'alarme sur la nécessité d'actions immédiates et coordonnées pour endiguer la propagation de la maladie.
En effet, la surpopulation carcérale et les conditions de vie inhumaines à Kasapa aggravent la situation. Les infrastructures vétustes et le manque de soins médicaux adéquats contribuent à la propagation de la tuberculose et d'autres maladies infectieuses, soulevant des questions sur le respect des droits humains dans les prisons congolaises.
Cette alerte intervient alors que les droits humains en République Démocratique du Congo sont régulièrement remis en question. Les conditions carcérales devraient être une priorité pour préserver la santé des détenus et leur dignité à travers le pays.
Par ailleurs, le patron de la justice congolaise a insisté sur la nécessité d'une mobilisation de l'État et de ses partenaires pour mettre en place une réponse sanitaire efficace. Selon lui, "le traitement des prisonniers doit inclure des améliorations structurelles et des conditions de vie dignes, au-delà des simples soins médicaux", a-t-il ajouté.

Pour ce faire, les autorités doivent agir rapidement pour éviter une véritable catastrophe humanitaire. Le bien-être des détenus doit être une préoccupation centrale pour les responsables politiques et la société civile.
Perspectives et sort des recommandations issues des États généraux
Le ministre a également évoqué les projets futurs de construction de nouvelles prisons à travers le territoire. Il a souligné que de nombreuses prisons ont été construites avant l’indépendance et ne répondent plus aux besoins actuels. Ainsi, il a annoncé la construction de nouveaux établissements, incluant une prison à Maluku et un centre pour mineurs à Mbenseke Futi, ainsi qu'un programme de modernisation pour 2025-2026.
Concernant le sort des recommandations des États généraux de la justice organisés en octobre 2024, Guillaume Ngefa a affirmé qu'elles seront appliquées. Toutefois, il a laissé entendre qu'il reste beaucoup à revoir afin d'adapter toutes les recommandations à la réalité du pays, tout en soulignant l’importance de la continuité de l'État dans leur application.
Il convient de noter que le ministre a également abordé la question des primes d’arrestation, affirmant que cette pratique est illégale et n’est pas prévue par la loi. Il a promis de faire respecter les lois du pays, en commençant par les procédures judiciaires.
Céleste Z