Réagissant à la récente sortie médiatique de l'ancien chef de l'État, Joseph Kabila, qui a accusé Kinshasa de ne pas vouloir la paix, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé l'attitude de l'ex-président, estimant qu'il cherche avant tout à conserver une place dans l'opinion publique tout en posant des actes contraires à la paix.
Cette déclaration a été faite le mardi 2 septembre 2025, lors d'un briefing presse animé conjointement avec Jacquemain Shabani, Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, au cours duquel ils ont fait le point sur la situation sécuritaire dans le pays.
"Ceux qui veulent la paix se prédisposent à la paix, et je ne suis pas certain qu’à travers ses derniers mouvements, l’ancien président ait démontré cette volonté. Ses actes prouvent au contraire qu’il poursuit un agenda différent. Il cherche à maintenir son influence dans l’opinion, mais ses actions parlent d’elles-mêmes", a déclaré Patrick Muyaya.

Le rappel à l’ordre juridique
Patrick Muyaya a également rappelé que la loi du 26 juillet 2018 sur le statut des anciens présidents définit clairement les droits et devoirs de ceux-ci.
L'article 5 de cette loi impose notamment :
Une obligation de réserve, qui interdit la divulgation d'informations sensibles ou de secrets d'État.
Une obligation de dignité, exigeant un comportement irréprochable respectueux des lois et de l'ordre public.
Une obligation de patriotisme et de loyauté, qui implique une fidélité totale envers la Nation, le peuple et les institutions.
Selon le ministre de la Communication et Médias, les récentes prises de position de Joseph Kabila vont à l'encontre de ces principes.

Shabani accuse Kabila de jouer un double jeu
De son côté, Jacquemain Shabani a tenu des propos encore plus fermes, accusant l'ancien président d'avoir directement contribué à la crise actuelle :
"Monsieur Kabila ne peut pas se permettre de dire que le gouvernement ne favorise pas la paix, alors qu’il a lui-même accepté de prendre les armes contre la République. Il est le chef de guerre qui a plongé la RDC dans le chaos.
On ne peut pas tuer, déplacer des milliers de Congolais et ensuite réclamer un dialogue. C’est se moquer de toutes les vies sacrifiées", a-t-il martelé.
Félix Tshisekedi : "Le dialogue se fait entre congolais responsables"

Le président Félix Antoine Tshisekedi a, pour sa part, récemment réaffirmé lors du congrès de l'Union sacrée que le dialogue reste permanent en RDC, mais uniquement entre Congolais qui veulent reconstruire leur pays.
"Nous n’avons pas besoin de médiateurs étrangers pour nous parler entre nous. Le dialogue, oui, mais pas avec ceux qui se soumettent aux intérêts des pays voisins. Il n’y aura pas de dialogue en dehors de ma propre initiative", avait-il déclaré.
Cette sortie de Félix Tshisekedi, ainsi que celles de Muyaya et Shabani, illustrent la volonté du gouvernement de maintenir une ligne dure face aux tentatives de déstabilisation, tout en prônant un dialogue interne et responsable.
Céleste Z