Le ministre du Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo (RDC), Julien Paluku, dans sa casquette d'ancien gouverneur du Nord-Kivu, a pris la parole lors d'une réunion technique avec les députés européens à Kinshasa, le dimanche 9 mars 2025.
Son intervention avait pour objectif d'éclairer les députés européens sur les causes profondes de l’instabilité persistante dans l’Est du pays, une région en proie à des conflits armés orchestrés par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC, dans le but d'exploiter illégalement les ressources naturelles de la RDC.
En effet, depuis plus de trois décennies, la RDC fait face à un pillage systématique de ses ressources minières, accompagné d'une destruction progressive de son potentiel touristique. Cette situation a gravement affecté le développement économique et social du pays, suscitant des préoccupations tant au niveau national qu'international. Julien Paluku a souligné l'importance de traiter ces enjeux avec sérieux pour restaurer la paix et la stabilité.
"La crise oubliée dans l'Est de la RDC, avec sa cohorte de 10 millions de morts (plus de 10 fois le nombre de morts du génocide rwandais), de violations massives du droit international humanitaire, de recrutements forcés d'enfants soldats, de destruction des camps de déplacés, de massacres à grande échelle perpétrés au Nord et au Sud Kivu, d'assassinats ciblés dans les hôpitaux à Goma, de pillages systématiques des ressources naturelles, de la destruction de l'environnement, y compris du parc national des Virunga (premier parc créé en Afrique en 1925), et de la destruction du tissu économique et social, cette crise est désormais connue", a écrit Julien Paluku sur son compte X.
De son côté, le député européen Thierry Mariani a réagi en annonçant que le Conseil européen s'apprête à concrétiser des sanctions contre le Rwanda, accusé d'agression envers la RDC. Selon lui, "les véritables responsabilités commencent à émerger, et il est crucial d'agir pour mettre fin à cette dynamique destructrice".
Les députés européens ont également exprimé leur volonté d’annuler le mémorandum d'entente signé avec le Rwanda concernant les minerais stratégiques. Ils ont pointé du doigt le manque de traçabilité des minerais provenant des zones de conflit, insistant sur le fait que ces accords ne font qu'aggraver la situation en RDC.
Au nom du gouvernement congolais, Julien Paluku a plaidé pour que tous les minerais exportés par le Rwanda soient classés comme des "minerais du sang". De plus, il a demandé que les unités rwandaises ne soient plus acceptées dans les opérations de maintien de la paix de l'ONU, soulignant la nécessité d’une action concertée pour mettre fin à l’impunité et protéger les droits des Congolais.
Céleste z.