ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

RDC : Les exportations de cobalt suspendues, les prix en hausse de 20 %, mais l'incertitude demeure

1
Cobalt. Photo d'illustration.
  • Mines

Depuis février dernier, les autorités congolaises ont suspendu les exportations de cobalt afin de faire remonter les prix de ce métal stratégique, dont la RDC assure plus des deux tiers de la production mondiale. Cette mesure semble déjà produire des effets, avec une hausse de 20 % du prix du cobalt selon Shanghai Metals Markets (SMM), et une augmentation de 16 % à la Bourse des métaux de Londres, atteignant 25 000 dollars la tonne au 6 mars.

Cependant, cette suspension laisse planer de nombreuses incertitudes. Jusqu’à présent, les principales compagnies minières opérant en RDC, dont Glencore, CMOC et Eurasian Resources Group (ERG), n’ont pas officiellement réagi. Seule ERG a déclaré la "force majeure" sur les livraisons de cobalt de son usine Metalkol, sans préciser si cela était directement lié à l’arrêt des exportations décidé par Kinshasa.

Des impacts variables selon les producteurs

Alors que l’Autorité congolaise de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) tente de stabiliser le marché, l'impact de la mesure varie selon les producteurs. CMOC, qui a doublé son volume de livraisons à environ 114 000 tonnes en 2024, estime que cette suspension n’aura pas de conséquences majeures sur ses opérations. Glencore, qui a produit 35 100 tonnes l’an dernier et vise entre 40 000 et 45 000 tonnes en 2025, n’a pour l’instant pas communiqué sur la situation.

L'une des principales interrogations demeure la stratégie des compagnies face à cette suspension. Si elles continuent à produire et à stocker du cobalt sans le vendre, un afflux massif sur le marché pourrait se produire dès la levée de la mesure, entraînant une nouvelle chute des prix.

Une solution durable ?

Pour éviter un effet de rattrapage brutal, Kinshasa envisage l’option de quotas d’exportation une fois la suspension levée. Une telle approche pourrait stabiliser les prix à moyen terme, mais sa mise en œuvre dépendra des négociations avec les entreprises minières et des conditions du marché mondial.

En attendant, l'efficacité de la suspension reste incertaine. Si la hausse des prix actuelle est encourageante, elle pourrait être de courte durée si les producteurs ne réduisent pas leur cadence. L’évolution des prix dans les semaines à venir et la réaction officielle des compagnies seront déterminantes pour mesurer le véritable impact de cette décision sur le marché du cobalt.

Lovic-Benjamin Nsapu