Le développement des PME a toujours fait office de levier clé pour le développement économique des nations. Il constitue un segment sur lequel bien de pays africains sont encore en retard dans bien des domaines. Ecomine.cd a identifié quelques freins à ce segment.
En effet, dans son adresse à la nation le 24 Janvier 2024 lors de la cérémonie d’investiture, le président congolais Félix Tshisekedi invitait les jeunes à produire des biens et services pour limiter les importations qui affectent la balance commerciale du pays. Il se trouve que de jeunes promoteurs des PME éprouvent des difficultés à faire décoller leurs entreprises, notamment la pression fiscale, l’insuffisance de l’énergie électrique et son coût élevé, les difficultés d’accès aux financements et aux mesures d’accompagnement de l’État…
Des difficultés qui font partie du quotidien de Garin Malamba, promoteur de l’entreprise Garin Construction, une PME spécialisée dans la fabrication des briques, du ferraillage des bâtiments… Cet ingénieur de la trentaine révolu dit être sous pression depuis la création de son entreprise en janvier 2020 dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa capitale du pays.

« Ça fait 4 ans que je dépense mensuellement près de 2000$ pour les charges (coût de production, loyer, électricité, eau, salaire de deux collaborateurs permanents) pour un retour bénéfique peu reluisant », explique le jeune entrepreneur. Il précise que 50% desdites charges sont consacrées à l’achat des matières premières (sable, eau, ciment, pierres, l’électricité et le transport dont les prix sont en hausse depuis le début de l’année en cours.
Garin Malamba affirme qu’il travaille juste pour « se maintenir »
Problèmes d’électricité
À en croire ce dernier, la grande difficulté reste l’insuffisance de l’électricité et sa cherté. Une situation qui met en danger son outil de production et rallonge les délais de production et de livraison de ses fabrications issues de l’utilisation de l’électricité. Face à ce frein, le jeune promoteur pense à acquérir un générateur électrique, même s’il redoute une augmentation de ses charges du fait de la récente augmentation des prix du carburant.
Comme le premier, Jox-Celestin Ilunga se plaint également de l’insuffisance de l’énergie électrique qui plombe ses activités.

« L’électricité nous coûte déjà assez et lorsqu’il y a délestages, nous ne sommes pas informés pour planifier nos activités cela crée un manque à gagner conséquent », dénonce le promoteur de Perfect Communication Agency, une PME spécialisée dans la production audiovisuelle, le marketing digital, l’événementiel… qui existe depuis cinq ans.
Pour suppléer ce problème d’électricité, il compte aussi se doter d’un générateur électrique, car « c’est la seule solution pour tenir ».
En plus des délestages, ce jeune entrepreneur congolais dit être confronté à une inflation généralisée depuis près de deux ans.
«Les prix de mes outils de travail (appareils photo, caméras, baffles, câbles, micro, ordinateurs… ont flambé auprès de nos fournisseurs. », explique le trentagénaire patron qui emploie une dizaine de personnes.
Difficile accès à la garantie de l’État
Autre difficulté commune aux deux entrepreneurs, c’est la pression fiscale. Même si leurs entreprises évoluent sous un régime simplifié, ces jeunes patrons se plaignent de la litanie et du coût élevé des impôts. Si Garin Malamba déclare débourser près de 800$ par trimestre d’impôts pour un chiffre d’affaires mensuel oscillant entre 7500 et 9000$. Jox-Celestin Ilunga déclare payer plus sans avancer de chiffres. Malgré un climat des affaires qu’ils jugent difficiles et l’inaccessibilité des mesures d’accompagnement (financement, exonérations des taxes, etc.) de l’État, ces derniers résistent et veulent augmenter leurs chiffres d’affaires.
Par ailleurs, le gouvernement s’etant lancé dans la mise en place de mesures d’accompagnement pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) dans leur développement, hélas, ces jeunes entrepreneurs affirment que l’accès à cette garantie reste difficile.
«Lorsque vous approchez votre banquier qui doit soumettre votre dossier pour obtenir cette garantie, il multiplie des subterfuges », déclarent-ils. Garin et Jox exhortent plutôt l’État à s’investir davantage afin de faciliter ces milliers de jeunes entrepreneurs congolais, Kinois précisément à éclore leurs activités.
Ils pensent également que l’État Congolais peut apporter un soutien aux entrepreneurs locaux en leur accordant des allègements fiscaux pour importer des équipements à moindre coût, en vue d’accroître leurs activités à grande échelle, créer de la valeur ajoutée et des emplois.
Benjamin Nsapu