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‎Nouvelle ère à la BCC : Malangu part, Wameso entre en scène, les défis restent entiers

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Photo d'illustration.

‎Le paysage financier congolais connaît un tournant majeur avec le départ de Mme Malangu Kabedi Mbuyi à la tête de la Banque Centrale du Congo (BCC) et l’arrivée d’André Wameso, nommé gouverneur de l’institution. Ce changement de leadership intervient dans un contexte où les défis économiques du pays exigent à la fois rigueur, cohérence et capacité d’adaptation aux dynamiques nationales et internationales.

‎Première femme gouverneure de la BCC, Malangu Kabedi Mbuyi a été nommée en 2021 après une longue carrière au sein du Fonds monétaire international (FMI). Son mandat a été marqué par une gestion axée sur la stabilité macroéconomique, la lutte contre l’inflation, la modernisation des outils de supervision bancaire et une plus grande transparence dans la politique monétaire. Malgré les effets de la pandémie, les chocs extérieurs et un environnement local parfois instable, elle laisse derrière elle une institution renforcée, plus crédible et mieux connectée aux standards internationaux.

‎Son successeur, André Wameso, n’est pas un inconnu. Ancien Directeur de cabinet adjoint du Président Félix Tshisekedi en charge des questions économiques et financières, il a été un acteur clé dans la coordination des réformes économiques et les relations avec les institutions de Bretton Woods. Il arrive à la tête de la BCC avec une forte expérience de la machine gouvernementale et des processus de négociation stratégique, mais son profil, plus politique que technocratique, suscite autant d’espoirs que d’interrogations sur l’indépendance et l’orientation future de la Banque Centrale.

‎La mission qui l’attend est immense. Il devra contenir les pressions inflationnistes, stabiliser davantage le franc congolais, élargir l’inclusion financière, poursuivre la numérisation du système bancaire et renforcer la régulation des fintechs. Il devra également maintenir la coordination avec la politique budgétaire du gouvernement, dans un contexte post-électoral où les attentes sociales et les besoins en financement public sont immenses.

‎Le nouveau gouverneur est aussi attendu sur le plan de la diplomatie financière : la RDC a besoin de maintenir la confiance de ses partenaires internationaux et de continuer à bénéficier d’un accès favorable aux financements extérieurs. Cela exige une politique monétaire prévisible, des décisions fondées sur des données économiques solides, et une gouvernance exempte de toute ingérence politique.

‎Cette transition à la tête de la BCC ouvre donc une nouvelle ère. Mais si les visages changent, les défis restent entiers. L’avenir de la stabilité financière de la RDC dépendra en grande partie de la capacité d’André Wameso à conjuguer rigueur, indépendance et vision stratégique au service de l’économie congolaise.

Lovic-Benjamin Nsapu