La 13ᵉ édition de la Conférence des Gouverneurs s’est ouverte mardi 24 mars 2026 à Bandundu-ville, c'est le Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi qui a procédé au lancement de ces assises qui, Au-delà de son caractère institutionnel, cette rencontre s’annonce comme un tournant stratégique pour les provinces.
Durant plusieurs jours, les exécutifs provinciaux sont appelés à réfléchir sur la transformation du secteur agricole, halieutique et pastoral, avec en toile de fond la question majeure du développement rural et connexion aux marchés urbains
Dans un contexte économique mondial incertain, cette conférence vise à repositionner les provinces comme moteurs de la relance économique nationale, en misant sur leurs potentialités locales.
Une priorité agricole face aux défis globaux

Dans son discours d’ouverture, Félix-Antoine Tshisekedi a insisté sur le rôle central de l’agriculture dans la souveraineté du pays. Il a souligné que la sécurité alimentaire reste un pilier incontournable du développement durable.
Le chef de l’État a également évoqué les défis liés aux tensions géopolitiques, à la hausse du coût de la vie et aux effets du changement climatique, qui imposent une réorientation des politiques publiques.
Selon lui, "la dépendance alimentaire constitue un frein majeur à la puissance d’une Nation", a-t-il souligné avant d'appeler à une mobilisation accrue pour valoriser les territoires ruraux.
Décentralisation : levier ou source de tensions ?
Abordant la gouvernance, le Président a rappelé que la décentralisation doit servir de levier de développement et non devenir une source de blocages institutionnels.
Il a insisté sur la nécessité de rapprocher l’État des citoyens et de permettre aux provinces de jouer pleinement leur rôle dans la création de richesses locales.

Toutefois, il a mis en garde contre les rivalités politiques et les crises institutionnelles récurrentes, qui compromettent l’efficacité des politiques agricoles.
Des obstacles persistants à la transformation
Félix Tshisekedi a pointé du doigt les faiblesses de gouvernance et les dysfonctionnements entre les différents niveaux de décision.
Il a estimé que "la stabilité institutionnelle constitue une condition essentielle pour attirer les investissements et garantir la réussite des réformes agricoles. Sans un climat politique apaisé dans les provinces, aucune stratégie de développement ne peut produire des résultats durables, a-t-il averti.
Réseaux sociaux : les gouverneurs tirent la sonnette d'alarme
En marge des travaux, les gouverneurs ont exprimé leurs préoccupations face à l’usage jugé excessif et irresponsable des réseaux sociaux dans le pays.
Dans un mémorandum présenté par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi,les chefs des exécutifs provinciaux dénoncent la propagation de la désinformation et son impact sur la stabilité des institutions provinciales. Ils appellent ainsi à un encadrement plus strict de ces plateformes numériques.
Vers une régulation et une responsabilisation

Les gouverneurs proposent notamment la mise en place d’un cadre légal adapté pour réguler les contenus diffusés à grande échelle.
Ils plaident également pour une responsabilisation accrue des influenceurs et administrateurs de pages à forte audience.
Le renforcement de la lutte contre la cybercriminalité et la cyberdésinformation figure parmi les priorités évoquées.
Une conférence aux enjeux multiples
Prévue jusqu’au 28 mars, cette 13ᵉ Conférence des Gouverneurs réunit l’ensemble des responsables provinciaux autour des défis du secteur agro-pastoral.
Les échanges devraient déboucher sur des recommandations concrètes visant à stimuler la production locale et à améliorer la sécurité alimentaire.
Au-delà des questions économiques, cette rencontre met en lumière la nécessité de consolider la gouvernance et de préserver la cohésion nationale dans un environnement en mutation.
Céleste Z