La Coalition Le Congo N'est Pas À Vendre (CNPAV) monte au créneau après le lancement, par la Direction Générale des Impôts(DGI), d’une nouvelle plaque de voiture minéralogique sécurisée en République démocratique du Congo (RDC). Ce projet, connu sous le nom de "dossier Plaque V", soulève des doutes quant à son intégrité, notamment en raison de soupçons de favoritisme et d’une gestion opaque.
C'est ce qu'a souligné cette coalition dans un communiqué publié le mercredi 7 janvier 2026, dont une copie est parvenue à notre rédaction.
En effet, depuis 2009, la RDC est liée à UTSCH Congo dans un partenariat public-privé pour la fourniture de plaques minéralogiques. Bien que le contrat ait officiellement pris fin en 2019, il a été prolongé jusqu’en 2023 sous des conditions peu claires, ce qui alimente les critiques sur la transparence du processus.
Avec l’arrivée du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, des réformes ont été envisagées, visant à digitaliser l’immatriculation et à réduire les coûts pour les usagers. Pourtant, des changements récents dans les spécifications techniques des plaques, favorisant la société belge Castillo Valere BV, soulèvent des inquiétudes quant à l’équité de l’appel d’offres.
Pour la coalition Le Congo N'est Pas À Vendre, le ministère des Finances a modifié les critères de sélection en remplaçant les plaques en aluminium par celles en plexiglas, ce qui a exclu plusieurs entreprises préqualifiées. Cette modification a été dénoncée par des médias, évoquant un processus "chaotique" qui a contourné les règles de la commande publique.
"Sous la direction du ministre Doudou Fwamba, la procédure de sélection a été menée dans le secret, conduisant à l’attribution du marché à Castillo Valere BV, dont le représentant, M. George Batuleji, entretient des liens avec le pouvoir. Cette situation soulève des questions de conflit d’intérêts, aggravées par les coûts imposés aux usagers pour le changement de plaques", peut-on lire dans ce communiqué.
"Le contrat, portant sur 100 000 paires de plaques, cache en réalité un projet plus vaste, initialement prévu pour un million de plaques. Ce dernier a été stoppé par la DGCMP, entraînant des modifications financières qui semblent défavoriser l’État, en contournant la législation sur le partenariat public-privé", révèle la CNPAV.
Se faisant, l’analyse de la CNPAV met en lumière un montage financier désavantageux pour le Trésor public, où la part accordée au fournisseur belge dépasse largement le coût de production des plaques.
Il sied de noter que ces irrégularités soulignent la nécessité d’une enquête approfondie pour garantir la transparence et l’intégrité dans la gestion de ce marché public qui doit s'inscrire dans le respect de la loi.
Céleste Z