La République démocratique du Congo (RDC) confirme son rôle de consommateur notable de riz thaïlandais sur le continent africain. En 2024, le pays a importé près de 109 425 tonnes de riz en provenance du royaume d’Asie, selon les chiffres de l’Association nationale des exportateurs de la céréale (TREA), compilés par l'Agence Ecofin.
Cette performance place la RDC parmi les principaux marchés émergents de la Thaïlande en Afrique, aux côtés de l’Angola, du Togo, du Congo et du Ghana. Bien que les géants comme l’Afrique du Sud, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire dominent le classement, l’appétit croissant de la RDC pour cette céréale traduit une évolution des habitudes alimentaires dans le pays et un besoin structurel de combler un déficit de production locale.
En tout, le continent africain a absorbé 3 millions de tonnes de riz thaïlandais en 2024, soit une hausse record de 23,3 % par rapport à l’année précédente, et représentant environ 30 % du volume total exporté par la Thaïlande (9,94 millions de tonnes).
Un marché sous tension en 2025
Toutefois, cette dynamique pourrait ralentir en 2025. Entre janvier et avril, les importations africaines de riz thaïlandais ont chuté d’environ 32 % en glissement annuel, notamment sous l’effet d’une baisse de la demande dans plusieurs pays, dont la RDC. Cette tendance s’explique par divers facteurs : fluctuations de la demande, évolution du pouvoir d’achat des ménages, mais aussi l’impact de la concurrence d’autres origines, comme l’Inde ou le Vietnam.
Entre qualité et prix : les atouts du riz thaïlandais
Malgré ce repli momentané, la Thaïlande conserve des arguments solides pour séduire les consommateurs congolais et africains. D’après Platts, le riz étuvé thaïlandais (Parboiled - PB) 100 % grains entiers s’affiche à 375 dollars la tonne FOB, soit légèrement moins cher que le riz indien avec 5 % de brisures (381 dollars). Ce positionnement tarifaire, combiné à une qualité jugée supérieure, pourrait relancer la demande, notamment en Afrique de l’Ouest mais aussi en Afrique centrale, où la RDC reste attentive à la qualité et à la régularité des approvisionnements.
La RDC face à l’enjeu de la dépendance alimentaire
En important plus de 100 000 tonnes de riz thaïlandais par an, la RDC illustre la forte dépendance alimentaire de nombreux pays africains vis-à-vis de l’Asie. Cette situation soulève des questions sur la nécessité d’investir davantage dans la filière rizicole nationale pour réduire la facture des importations et renforcer la sécurité alimentaire.
Dans un contexte où le marché mondial du riz reste volatil, la RDC apparaît ainsi comme un acteur à surveiller : à la fois comme client fidèle du riz thaïlandais et comme pays confronté au défi stratégique de produire plus localement pour nourrir sa population grandissante.
Ecomine.cd