L’étau judiciaire se resserre autour de Constant Mutamba. Le ministre d’État chargé de la Justice et Garde des Sceaux est désormais dans le viseur de la justice congolaise, après que le procureur général près la Cour de cassation a transmis, mardi 20 mai 2025, un réquisitoire à l’Assemblée nationale. Objectif : obtenir l’autorisation de poursuites judiciaires à son encontre dans le cadre d’un dossier de détournement présumé de fonds publics.
En cause, une somme de 39 millions de dollars américains destinés à la construction et à la modernisation de la prison centrale de Kisangani. Ce projet, initialement prévu pour désengorger les établissements pénitentiaires et améliorer les conditions de détention, n’a à ce jour connu aucune avancée visible, selon plusieurs sources concordantes.
Un dossier explosif aux implications politiques
Cette démarche du parquet relance le débat sur la redevabilité des membres du gouvernement en exercice et marque une étape inédite dans l’histoire récente de la RDC. En vertu de la Constitution, tout élu national ne peut être poursuivi qu’avec l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale. Il revient donc désormais à la chambre basse du Parlement de se prononcer sur cette demande, ce qui pourrait déclencher une procédure judiciaire formelle contre un haut responsable du gouvernement.
La nouvelle a rapidement enflammé les réseaux sociaux et suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique, entre appels à la transparence, accusations de manipulation politique et soutiens affichés au ministre mis en cause. Constant Mutamba, lui, n’a pas encore officiellement réagi, mais ses proches dénoncent ce qu’ils qualifient de “cabale politique”.
La suite des événements dépendra donc du traitement que l’Assemblée nationale réservera à cette demande de levée d’immunité. Dans un climat politique tendu, cette affaire s’annonce comme l’un des feuilletons judiciaires et politiques qui sera les plus suivis de l’année 2025 en RDC.
Lovic-Benjamin Nsapu