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RDC : L’ODEP salue le départ de Jules Alingete et appelle à préserver les acquis de la lutte contre la corruption

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Florimond Muteba, PCA de l'ODEP.

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a réagi officiellement dimanche 11 mai à la fin de mandat de Jules Alingete Key, Inspecteur Général des Finances depuis 2020, évincé de ses fonctions par une ordonnance présidentielle rendue publique le 8 mai 2025. Dans un communiqué marqué à la fois par la reconnaissance et l’alerte, l’organisation de la société civile appelle à la vigilance pour préserver les acquis obtenus sous son leadership à l’Inspection Générale des Finances (IGF).

Un hommage mesuré mais appuyé

Tout en prenant acte de cette décision politique majeure, l’ODEP rend un hommage appuyé à l’action de Jules Alingete, saluant "une volonté affirmée de redonner au contrôle public toute sa place dans la gouvernance financière de l’État". Sous sa houlette, l’IGF s’est illustrée par des audits musclés, des enquêtes retentissantes, et une lutte frontale contre la prédation des ressources publiques.

"Cette action courageuse, parfois conduite dans un climat de fortes résistances", souligne l’organisation, a contribué à éveiller les consciences dans un pays longtemps marqué par une impunité endémique. L’ODEP évoque même "un nouvel espoir" pour une population lassée des détournements à répétition.

Un appel à la continuité et à la vigilance

Mais au-delà de l’hommage, le ton du communiqué se fait plus engagé : l’ODEP enjoint les nouvelles autorités de l’IGF à inscrire leur action dans une dynamique de continuité et de consolidation. "Le prix de la liberté, c’est la vigilance éternelle", cite l’organisation, empruntant à Thomas Jefferson une maxime devenue mantra dans les milieux de la transparence budgétaire.

L’ODEP avertit : la lutte contre la corruption ne saurait être un épisode isolé, encore moins une opération à visée politicienne. Elle exige rigueur, constance et audace, qualités que l’organisation attribue à Jules Alingete, et qu’elle souhaite voir perpétuées.

Un enjeu démocratique majeur

À travers ce communiqué, c’est une conception de la gouvernance que défend l’ODEP : celle d’un État redevable, où la transparence des finances publiques est une exigence démocratique, et non un simple slogan. "L’impunité est la matrice des républiques captives", rappelle-t-elle en citant l’économiste Ricardo Hausmann.

Alors que le pays entre dans une nouvelle phase de son combat contre les antivaleurs, l’organisation insiste sur son rôle de vigie : elle entend continuer à suivre de près les actions de l’IGF, et à dénoncer tout recul en matière de bonne gouvernance.

Un test pour les institutions

Le départ de Jules Alingete, figure controversée mais centrale du dispositif anti-corruption, intervient dans un contexte politique chargé. Il met à l’épreuve la solidité des institutions de contrôle et la sincérité des engagements étatiques. La balle est désormais dans le camp de la nouvelle direction de l’IGF, qui devra démontrer, au-delà des discours, sa capacité à maintenir la pression sur les prédateurs des finances publiques.

Pour l’ODEP, une chose est claire : le combat ne fait que commencer.

Ecomine.cd