La prédation des ressources publiques en République Démocratique du Congo atteint des proportions alarmantes. Dans une sortie virulente sur les réseaux sociaux, Olivier Kamitatu, ancien ministre et figure de l'opposition, dénonce la corruption systémique qui gangrène le régime du président Félix Tshisekedi.
S'appuyant sur un rapport publié par le Réseau panafricain de lutte contre la corruption, Kamitatu révèle des chiffres accablants. En 2022, la présidence congolaise aurait dépensé 522 millions USD pour son train de vie, soit près de cinq fois plus que l'Élysée, dont les dépenses s'élevaient à 113 millions d'euros la même année.
Des fonds astronomiques, investis dans des jets privés, appartements de luxe, montres de valeur et séjours dans des palaces occidentaux, pendant que 27 millions de Congolais souffrent de la faim et que 75 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.
Le rapport met également en lumière le système opaque des frais secrets de recherche des institutions congolaises, qui auraient permis la disparition de 734 millions USD entre 2020 et 2022, sans la moindre traçabilité.
"Ces fonds, destinés à des opérations confidentielles, deviennent une caisse noire à la merci des élites prédatrices, sans aucun contrôle", fustige Kamitatu, pointant du doigt la complicité des institutions financières internationales telles que le FMI, la Banque mondiale et la BAD, qui continuent de soutenir le gouvernement malgré ces dérives.
Business de guerre
Dans un contexte de guerre à l'Est du pays, Olivier Kamitatu dénonce une hypocrisie criante. Tandis que les autorités appellent la jeunesse congolaise à s'enrôler massivement dans l'armée, les soldats sont envoyés au front sans équipements adéquats, sans rations suffisantes et avec des soldes dérisoires d'à peine 100 dollars par mois.
"La guerre est devenue un business lucratif pour certains dignitaires qui détournent les fonds alloués à l'effort de guerre sous couvert du secret défense", martèle Kamitatu, appelant à la responsabilité et à la transparence.
Face à cette situation dramatique, Olivier Kamitatu exhorte les bailleurs de fonds et partenaires internationaux à conditionner leur soutien à des mécanismes de contrôle rigoureux.
"Accorder des aides budgétaires sans exigence de transparence revient à cautionner un système mafieux qui appauvrit le peuple congolais", déclare-t-il.
Dans un pays où la souffrance de la population contraste avec la richesse insolente des élites, la dénonciation d'Olivier Kamitatu sonne comme un cri d'alarme pour exiger des comptes et mettre fin à l'impunité.
Lovic-Benjamin Nsapu