Dans un communiqué publié le mercredi 14 janvier 2026, dont une copie est parvenue à notre rédaction, la Coalition Le Congo N’est Pas À Vendre (CNPAV) s'est exprimée après l'annonce du ministère du Portefeuille concernant le conflit entre la République démocratique du Congo et PayServices. Ce différend, qui a conduit à une procédure judiciaire aux États-Unis, implique une réclamation de 4 milliards de dollars américains.
En effet, le gouvernement congolais conteste la qualité bancaire de PayServices et prétend avoir agi pour protéger le Trésor public. Cependant, ces justifications ne masquent pas les dysfonctionnements institutionnels mis en lumière par cette affaire. Les autorités semblent responsables d'une gestion opaque de l'argent public.
La CNPAV souligne qu'une mauvaise foi éventuelle d'un partenaire privé ne peut justifier l'improvisation et la non-transparence de l'État. "Comment un projet aussi significatif a-t-il pu être lancé sans cadre légal clair, sans appel d'offres ni diligence institutionnelle?", s'est interrogé La CNPAV.
Une gouvernance publique défaillante
Cette coalition souligne que, cette situation révèle plusieurs problèmes fondamentaux au sein de l'État. D'une part, il existe une confusion concernant les rôles et responsabilités des acteurs publics. D'autre part, la gestion des engagements publics semble fragmentée et personnalisée, ce qui pourrait compromettre la bonne gouvernance.
De plus, les mécanismes de contrôle prévus par la loi ne semblent pas avoir été appliqués. L'absence de transparence dans la gestion des affaires publiques, surtout dans un projet impliquant des montants aussi importants, soulève des inquiétudes quant à la responsabilité des décideurs.
Dans cette même optique, la CNPAV pointe également des irrégularités systématiques, telles que l'absence d'appels d'offres transparents et la non-publication des accords signés, ce qui empêche tout contrôle citoyen. Cette situation fragilise la confiance des Congolais envers leurs institutions.
Un risque financier et réputationnel
La RDC s'expose à des conséquences financières et réputationnelles graves. Même si le gouvernement affirme qu'aucun fonds n'a été transféré, la simple existence d'une réclamation de 4 milliards USD devant une juridiction étrangère constitue un échec de gouvernance. Ce risque compromet la crédibilité internationale de l'État congolais.
"La situation détourne également l'attention et les ressources des priorités sociales urgentes, exposant la population congolaise à des conséquences budgétaires graves. La protection du Trésor public doit passer par le respect des procédures dès le départ", peut-on lire dans ce communiqué.
Face à cette crise, la CNPAV formule plusieurs recommandations. D'abord, elle appelle à la publication immédiate de tous les documents relatifs à l'affaire PayServices. Cela inclut protocoles, correspondances et avis juridiques, afin d'assurer transparence et redevabilité.
En outre, elle réclame l'ouverture d'enquêtes judiciaires indépendantes sur les allégations de corruption et sur les responsabilités institutionnelles. Une clarification de la chaîne décisionnelle est également essentielle pour identifier les acteurs impliqués dans l'engagement de l'État.
Cependant, la CNPAV insiste sur la nécessité de réformer les pratiques de gouvernance pour éviter de futurs conflits similaires. La poursuite judiciaire des acteurs publics pourrait devenir inévitable si la RDC devait supporter des coûts financiers liés à cette affaire.
Il est important de souligner que, la gravité de la situation appelle à une action immédiate et déterminée. La transparence et la responsabilité doivent devenir des priorités pour rétablir la confiance des citoyens envers leur gouvernement.
Céleste Z