La mise en exploitation de la centrale hydroélectrique de Kakobola, située dans la province du Kwilu, suscite un vif débat au sein de l’opinion publique. En cause : la concession du barrage à un consortium privé pour une durée de 30 ans, associée à un montant de 12 millions de dollars, ainsi que des interrogations sur la procédure et son encadrement juridique.
Contrairement aux accusations largement relayées, le dossier Kakobola ne relève pas d’une décision précipitée. Le projet s’inscrit dans une dynamique amorcée entre 2018 et 2020, avec un contrat déjà établi et validé sur le plan juridique. Il s’agit donc de la poursuite d’un processus engagé de longue date par l’État congolais.
Bien que finalisée depuis 2016, la centrale est restée inexploitable pendant plusieurs années, freinée par des blocages administratifs et opérationnels. Selon des sources proches du dossier, le mécanisme retenu relève d’une délégation de service public, et non d’un marché public classique.
Le processus aurait respecté les étapes réglementaires requises, notamment l’obtention d’un avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP) dès 2019, son inscription au Plan de passation des marchés (PPM) et l’application des normes en vigueur. Des éléments avancés pour contrer les soupçons d’opacité entourant l’attribution du contrat.
Le montant de 12 millions USD au centre des incompréhensions
Le chiffre de 12 millions de dollars, au cœur des controverses, fait l’objet d’interprétations divergentes. D’après les informations recueillies, il correspond au coût global du contrat, toutes taxes comprises, et non à un décaissement direct de l’État en faveur d’un opérateur privé.
Le modèle adopté repose sur une concession : l’exploitant privé prend en charge la gestion de la centrale et se rémunère à partir des revenus issus de la commercialisation de l’électricité. Les autorités précisent qu’il ne s’agit pas d’un avantage accordé, mais d’un mécanisme visant à attirer des investissements privés dans un contexte budgétaire contraint.
L’infrastructure reste la propriété de l’État congolais. L’opérateur assure uniquement son exploitation, sa maintenance et la distribution de l’énergie. La durée de 30 ans s’aligne sur les standards du secteur énergétique, où les investissements nécessitent une rentabilité sur le long terme.
Une réponse à l’urgence énergétique
La relance du projet intervient dans un contexte marqué par un besoin urgent en électricité. En mars 2025, une instruction du Chef de l’État a été donnée afin de lever les blocages.
Pour le gouvernement, l’objectif est clair : rendre opérationnelle une infrastructure restée inutilisée pendant près d’une décennie, alors que la demande énergétique ne cesse de croître.
La centrale de Kakobola devrait ainsi approvisionner plusieurs localités du Kwilu, notamment Kikwit, Idiofa et Gungu. Les retombées attendues incluent l’accès à l’électricité pour près de 9 000 à 15 000 ménages, une amélioration de la stabilité de l’approvisionnement, le dynamisme des activités économiques locales — en particulier les PME — ainsi qu’un impact positif sur les secteurs de la santé et de l’éducation.
Ecomine.cd