La justice élève une nation, dit-on. En République démocratique du Congo, un fléau gangrène le développement du pays : la corruption. Pour contrer ce phénomène dévastateur, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé la mise en œuvre de réformes pour renforcer la lutte contre la corruption, la spoliation des biens publics et privés, ainsi que les atteintes à l'État de droit.
Il l'a fait savoir lors d'un briefing presse, co-animé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le jeudi 08 janvier 2026 sur la RTNC. Profitant de l'occasion, le patron de la Justice congolaise a révélé avoir reçu 324 dossiers ouverts en charge de magistrats impliqués dans des affaires de corruption, dont certains avaient été condamnés.
Il a par ailleurs souligné l'importance d'une justice de proximité avec la population, affirmant que la justice doit être accessible et visible pour tous les Congolais.
Ce membre du gouvernement Suminwa a également indiqué avoir pris des mesures à l'encontre des avocats impliqués dans des réseaux criminels, en collaborant avec les bâtonniers. Il a affirmé avoir émis une dizaine d'injonctions destinées à poursuivre les auteurs de crimes, y compris des personnalités souvent considérées comme intouchables.
"Nous avons reçu 324 dossiers ouverts en charge de magistrats, dont certains avaient été condamnés à des peines disciplinaires et d'autres au pénal. J'ai eu des contacts avec différents bâtonniers pour que ceux qui participent à la chaîne criminelle puissent être tenus responsables, dont les avocats, les huissiers de justice et d'autres membres du personnel judiciaire, n'ont pas été épargnés. Pour ce faire, la lutte contre la corruption a été institutionnalisée, plus de 400 dénonciations sont en cours de traitement et 30 % de ces dossiers concernent les biens fonciers et immobiliers de l'État", a révélé Guillaume Ngefa.

Et d'ajouter : « J’ai imposé une méthode claire, axée sur la concertation interinstitutionnelle. La justice ne peut fonctionner sans cette collaboration avec d’autres ministères », a-t-il déclaré.
Pour renforcer la lutte contre la corruption à travers l'appareil judiciaire congolais, le ministère a formé et déployé 100 officiers de police judiciaire à travers le pays. Leur mission est d’assurer la légalité et l’authenticité des actes judiciaires, une étape cruciale pour restaurer la confiance du public envers le système judiciaire.
Concernant le banditisme urbain, notamment le phénomène des « Kuluna », le ministre a plaidé pour une stratégie globale, citant l’opération « Ndobo », qui a permis l’arrestation de près de 500 présumés criminels.
Il sied de noter que, malgré des avancées, la réforme du secteur judiciaire sera un processus long et constant, essentiel pour établir un système judiciaire transparent et efficace en République démocratique du Congo.
Céleste Z